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  • : Ce blog réunit mes écrits depuis des années sur divers sujets : actualité, politique, fascisme, religion, sexe, amitié, sous forme de pamphlets, d' articles, de nouvelles et de poèmes. Il est mis à jour régulièrement. Bon voyage dans mon univers !
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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 13:27
« Cinéma, cinémas »
« L’organisation des loisirs sportifs ou intellectuels, c’est la joie de vivre rendue aux travailleurs » : dixit Jean ZAY, ministre de l’éducation nationale en 1936.
 
Quelle joie de vivre ? On vide les cités pour remplir les plages. Où courez-vous donc camarades ? Finies les grèves à S.K.F. ? Finis les conflits chez Renault ? Finies les manifestations aux chantiers ? Oui, fini tout cela pour ... deux mois. La lutte est programmée en fonction des vacances. Le front populaire a créé en 36 la soupape de sécurité du régime capitaliste. Plus tard, si les événements de 68 avaient commencé en septembre au lieu de mai, ils auraient pu durer plusieurs mois. Mais c’était sans compter sans les sacro-saintes vacances, qui bannissent l’idéal et le combat au profit des délices de Capoue.
Les capitalistes, notamment aux chantiers, peuvent dire merci aux « camarades ». Ceux-ci leur ont donné le temps de souffler et de licencier, dans le calme et l’indifférence des vacances. Passons ...
 
Les vacances sont maintenant « Triganorganisées ». Aucune démarche personnelle si ce n’est que d’aller chercher son billet pour un « camp » de vacances où tout est organisé, dirigé, planifié par des « cadres ».On ne vit pas ses vacances, on les subit.
 
Paradoxes étonnants. On se fait prendre en charge volontairement l’été par un système à structures capitalistes, structures que l’on rejette l’hiver. On passe la mauvaise saison à se battre au son de l’Internationale en buvant du gros rouge, et on se prélasse l’été en écoutant Michaël JACKSON en sirotant son Coca-Cola. Quelles manipulations ! On tombe dans la facilité matérialiste; on en veut pour son argent; foin de simplicité, on donne dans le spectacle même si celui-ci est inconsciemment contraignant. Poudre aux yeux que ces quelques jours vendus à des masses anesthésiées qui vont, peu après, retrouver leur vie insipide qu’elles se plaisent souvent à résumer par « Métro-Boulot-Loto-Dodo », uniquement par ce qu’elles ne trouvent pas de saveur dans le quotidien et ne savent plus : voir - sentir - penser - agir en êtres libres, partagées qu’elles sont, entre le tiercé et un week-end à visiter les grands magasins . Ô tristesse !
Tous ces conditionnements ont fait que les Français, pour la plupart, et ce, depuis quelques années, ont perdu leur esprit d’équipe et leur personnalité. Ils réagissent en tant que masse.
 
Le goût de l’effort et de l’initiative a été perdu. « 1984 », le roman de Georges ORWELL, était en cela prodigieux. Cette annihilation de l’individu, sa dépersonnalisation dans la masse était pour le moins prophétique. L’état est là pour prendre en charge l’individu, le protéger, l’aider. Cela en a fait un assisté. L’avènement du socialisme en France a été le dénouement d’une situation latente, une concrétisation de cet esprit de masse.
Cependant, depuis deux ou trois ans, on note un certain changement dans la société française ( 1 ). Certaines valeurs, certaines traditions font un retour assez net dans l’esprit de la jeunesse, notamment dans le cinéma avec les mythes ancestraux comme « Excalibur », « Conan », « Ladyhawck » ou par ailleurs cette apologie de l’individu et de l’esprit d’équipe dans le magnifique « Mishima » de Paul Schrader, mais aussi cette dénonciation du collectivisme et de l’égalitarisme dans « 1984 » porté à l’écran par Michaël RADFORD.
L’éthique et l’esthétisme font un retour en force dans le 7 ème art qui reste aujourd’hui le plus prisé des arts populaires. Peut-être faut-il voir en cela, les prémices d’un besoin de vivre, de créer et d’entreprendre pour la jeunesse d’aujourd’hui par réaction à la négation d’engagement de leurs aînés ? Nous ne pouvons que l’espérer.
  
( 1 ) Je dis bien société et non pas peuple français ; car celui-ci a un passé, un présent et un avenir : un destin. Les sociétés, elles, sont condamnées à disparaître car celles-ci sont « contractuelles », et ne sont déterminées que par le présent.
 
 

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