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  • : Ce blog réunit mes écrits depuis des années sur divers sujets : actualité, politique, fascisme, religion, sexe, amitié, sous forme de pamphlets, d' articles, de nouvelles et de poèmes. Il est mis à jour régulièrement. Bon voyage dans mon univers !
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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 23:34
C'est un pays qui me rappelle le mien. Ici, on se croirait en Normandie. Les fermes, les tracteurs qui se traînent sur les routes, quelques petits villages parsemés par-ci par-là; mais surtout les gens. Les gens qui vous accueillent avec une franchise et une bonhomie qui réchauffe le cœur. Des gens simples et rudes comme le sont mes Normands ! Ici, c’est l’agriculture qui prédomine. Et comme en Normandie il y a quelques années, la sécheresse frappe aussi chez eux. Les moissons ont été avancées mais le maïs est brûlé sur pied. A la télévision, des interviews de peintres succèdent à celles des groupes de rock, des films américains, des pubs. Les magasins sont remplis, les Italiens et les Asiatiques y font commerce. L’autosuffisance alimentaire aidant, tout concoure à penser qu’ici, la vie s’écoule paisiblement. Mais il ne faut pas se leurrer, car il existe une autre réalité : celle d’un pays où la vie est difficile car il est touché par l’embargo.
Pourquoi ? Parce que nous sommes en Yougoslavie en l’an 2000. Parce que sur ce pays, des milliers de tonnes de bombes ont été déversées par des pays qui avaient d’autres intérêts. Des intérêts que l’OTAN a voulu imposer ces dernières années par la force, en Irak, en Libye; comme les Etats-Unis l’avaient fait en France après la guerre avec le plan Marshall.
Une grande partie de la population est touchée par le chômage, car de nombreux emplois ont été perdus suite aux bombardements des usines et des villages. Le manque d’argent, ne serait-ce que pour survivre, est le principal problème. En mi-97, le dinar valait 1,085 franc. Aujourd’hui, il faut 6,66 dinars pour un franc. Et si les magasins regorgent de denrées, celles-ci ne sont pas accessibles à la majorité. Pour subsister, le seul recours est le travail au noir. Par ailleurs, l’absence de médicaments se fait cruellement sentir.
Mais les gens sont heureux de nous rencontrer; et ils nous parlent. Ici, des témoignages de sympathie envers cet aviateur français, retardant malgré les ordres, la destruction d’un pont afin de sauver des dizaines de personnes qui le traversaient. Il n’y eu ce jour-là, à cet endroit, qu’une seule victime à déplorer : une femme passant en vélo. Là, l’histoire de ce pilote italien déversant des mines antipersonnelles dans la mer afin de les neutraliser. Par ailleurs, il a quand même fallu négocier la libération des trois otages, pour sauvegarder 3 ponts reliant la capitale. La route, quant à elle, était souvent bombardée pour la rendre impraticable. Mais de l’avis général, l’acharnement est surtout venu des Turcs, Allemands, Américains et Anglais. Des familles entières se réunissaient alors dans leurs maisons, attendant les bombes, préférant “ partir tous ensemble ” pour ne pas se survivre les uns aux autres. Les enfants, traumatisés par la guerre, regardent à présent les étrangers avec méfiance.
C’est pourquoi les gens là-bas ne comprennent pas pourquoi nos gouvernements les mettent dans le même sac que MILOSEVIC – qu’ils détestent – mais qui ne tient en place que grâce aux fonctionnaires, aux médias, et à la bêtise des pays Onusiens qui ont renforcé son pouvoir, en frappant une population qui lui était hostile. A ce propos, beaucoup de gens se demandent pourquoi Petrovac, le village de MILOSEVIC n’a jamais été bombardé; ce qui n’a pas été le cas des villages à l’entour. En parallèle de l’affaire Irakienne, peut-être devrions-nous aussi nous poser ces mêmes questions ! De même, quand l’OTAN a bombardé l’hôpital de Belgrade, une petite fille de 3 ans, et 60 nouveau-nés sont morts à la maternité. A la raffinerie d’ AZOTARA, les bombardements ont détruit 20 tonnes de liquide toxique ( KCLY-DAP-Y, NSP-Y et TSP-Y ); 700 tonnes de produits chimiques divers ( UCM – QEDC – HCL ), des dérivés de pétrole et des dérivés d’ammoniaque. Une catastrophe écologique a pu été évitée de justesse, car 320 tonnes d’acide ammoniaque avaient été déplacées de justesse par voie de chemin de fer pour éviter une contamination, quelques heures avant les bombardements. C’est un miracle que la catastrophe a pu être évitée. Selon les prévisions, il faudra 320 millions de marks pour remettre l’usine en état afin que les employés puissent reprendre leur travail.
Pour maintenir les populations des deux bords dans l’ignorance, nos médias nous décrivent “ les méchants Serbes ”, tandis que de l’autre côté, MILOSEVIC et ses médias font croire au peuple qu’ils ont gagné la guerre au Kosovo. Et des deux côtés, sous les plateaux de la balance du mensonge, nos peuples anesthésiés continuent de vaquer à leurs occupations, et de voter pour des technocrates qui leurs mentent. Il y a de cela des années, le Vietnam et l’Afghanistan ont prouvé que la seule terreur des bombardements ne viennent pas à bout d’un peuple qui est sur son sol. Pour le combattre, il faut aller sur le terrain et les “ alliés ” le savent bien. Car se battre au corps à corps, là, c’est une autre histoire : ils se feraient massacrer. Il ne reste que la terreur des bombardements sur les populations civiles, mais ils ne font que renforcer leur détermination : pour preuve, déjà 102 ponts ont été reconstruits.
Ils ne mettront jamais ce peuple à genoux.
Depuis un siècle, les matérialismes Marxistes et Capitalistes ont trouvé en Europe un champ clos où ils s’affrontent. En cette fin de siècle, la légalisation de Maastricht en aura accéléré le pourrissement. Derrière les guerres civiles européennes, ce sont toujours ces mêmes salauds qui tirent les ficelles. Et ce sont toujours des luttes fratricides entre européens : avant, entre Français et Allemands, et, ces dernières années, entre Croates et Serbes.
J’ai des amis qui se sont battus dans les deux camps, des camarades qui avaient paradoxalement la même vision de l’Europe. Mais il ne faut pas se tromper d’ennemi; il faut que cessent ces luttes stériles, qui font le jeu des superpuissances et qui empêchent l' Europe de se créer.
Car partout, n’importe où en Europe où se battent des européens pour leur sol contre les puissances étrangères, bat le cœur de l’Europe.
 
 
  

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