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  • : AMERZONE
  • : Ce blog réunit mes écrits depuis des années sur divers sujets : actualité, politique, fascisme, religion, sexe, amitié, sous forme de pamphlets, d' articles, de nouvelles et de poèmes. Il est mis à jour régulièrement. Bon voyage dans mon univers !
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14 janvier 2007 7 14 /01 /janvier /2007 22:52
 
Guillaume se sentait bien. Il était 08 h 30, et il était assis devant un copieux petit déjeuner qu’il avait installé sur son balcon. Il faisait un temps magnifique en ce début de juillet et la vue de la campagne au loin, lui apportait un peu de calme et de sérénité après une semaine trépidante. Il termina ses œufs au bacon et décida d’aller faire un footing. Après avoir enfilé son survêtement et chaussé ses baskets, il descendit en bas de son bâtiment, et traversa la route qu’il longea en direction du petit bois.
Il allait d’un bon rythme, quand, dans le virage, apparut une voiture qui roulait à vive allure. Soudain, le chauffeur perdit le contrôle de son véhicule et celui-ci se déporta vers le fossé, fauchant Guillaume qui n’eut pas le temps d’esquisser un geste. Il se trouva projeté dans le fossé tandis que la voiture après quelques tonneaux, finit sa course contre un arbre. Guillaume ne sentait plus son corps, et sa vue un instant troublée, se voila, et il plongea dans les ténèbres…
 
*          *          *
 
Il était dans le noir complet ; ne sentant et n’entendant plus rien. Puis, il vit une forme s’avancer vers lui. Il distingua une femme très belle qui lui souriait ; et elle se mit à parler.
 
« Viens là, viens, approche. »
 « Qui es-tu ? »
« Mais, je suis la mort… ta mort. »
« Je ne pensais pas avoir une si belle mort ; enfin, façon de parler, car sous les roues d’une voiture hein, tu aurais pu trouver mieux. »
 
Se ravisant, il ajouta.
 
« Oh, le moment était déjà venu ? »
 
Une voix parvenant de derrière Guillaume cria.
 
« Mais non, mais non. Qu’est-ce que c’est que ce cirque ? C’est pas son jour ! »
 
Guillaume se retourna et vit une femme au visage ingrat, tout de blanc vêtue, et auréolée d’un halo de lumière, s’approcher de lui. La mort étouffa un cri de surprise et implora.
 
« Oh, il était si mignon. Laisse-moi le ! »
« Pas question ; ce n’est pas la première fois que tu me fais le coup. Tu m’as déjà piqué James DEAN et Marilyn. »
« Oui mais toi, tu m’as gardé Elvis plus longtemps que prévu. »
 
Guillaume protesta.
 
« Eh les filles, je n’vous dérange pas non ? D’abord, qui tu es toi ? »
« Mais ta vie, voyons ! Tu ne me reconnais pas ? »
 
Il eu un regard un peu dégoûté.
 
« Ouais ! J’aurais dû m’en douter. »
 
« Oui, bon, ben ça va hein ! Répondit-elle d’un air pincé. Allez viens ! Tu n’as pas que ça à faire. »
 
Puis s’adressant à la mort
 
« Allez, rends moi le. »
« Non ! Répondit-elle en boudant. »
 
Guillaume s’emporta.
 
« Hé, j’ai peut-être mon mot à dire, non ? »
 
Elles se mirent à rire toutes les deux, en cœur.
 
« Ah ah ah ! Il ne manquerait plus que cela que tu puisses disposer de nous comme tu le voudrais. »
« Et en plus d’être mignon, il est drôle ! » dit la mort.
 
Dépité, Guillaume cria.
 
« Puisqu’il en est ainsi, j’en appelle aux dieux ! »
 
Soudain, il y eut comme un grand coup de tonnerre. La vie et la mort s’arrêtèrent de rire, et il se fit une grande clarté. Ils virent qu’ils étaient entourés de plusieurs hommes et femmes assis sur des fauteuils; Guillaume reconnut en eux les dieux. Enfin, pour la plupart; notamment Odin, avec sur chaque épaule un corbeau représentant, l’un la réflexion, et l’autre la mémoire.
 
A côté de lui, un jeune dieu qui jouait négligemment avec un marteau, fit un clin d’œil à Guillaume.
 
« Oh, salut Thor. »
 
« Salut à toi humain. J’aurais préféré que tu viennes à nous en combattant. » dit le dieu de l’orage et de la guerre.
 
« Ben moi aussi, tu sais. Mais je n’y peux rien ; c’est de leur faute à toutes les deux » répondit Guillaume en montrant du doigt la vie et la mort qu’on n’entendait plus.
 
« Silence ! Vous parlerez quand je vous questionnerai. »
Odin avait crié si fort, qu’un de ces corbeaux s’envola de son épaule.
 
« Oui père. » répondit Thor.
 
« Approchez vous deux. »
 
La vie et la mort s’avancèrent vers Odin, penaudes.
 
« J’en ai marre de vos différents à toutes les deux. Mettez-vous d’accord une bonne fois pour toutes. Enfin, puisque nous en sommes là, il va falloir choisir. Mais ma réflexion s’est envolée ; alors c’est toi-même mortel, qui va choisir entre ta vie et ta mort. »
 
Celles-ci protestèrent, et les autres dieux s’étonnèrent. Se tournant vers eux, Odin reprit :
 
« Nous devons bien cette faveur au mortel. Après tout, il croit en nous et à notre époque, ce n’est pas évident depuis la venue de l’acrobate. »
 
( Ici, Odin veut parler de Jésus le Nazaréen dit : « Jésus de Nazareth, fils de Marie et du soi-disant Saint-esprit » ; enfin, ne polémiquons pas par respect pour la mémoire de Joseph… )
 
Les dieux satisfaits, applaudirent.
 
« Vingt dieux ! J’en suis bien content s’écria Guillaume. Oh, - s’excusa-t-il aussitôt - c’est une expression d’en bas. »
 
Odin lui lança un regard paternel, et l’invita d’un geste à continuer.
 
« Bien, toi la vie, combien me reste-t-il de temps en ta compagnie ? »
 
« Quarante ans. »
 
« Mon dieu ! Oh pardon, je blasphème. Mes dieux voulais-je dire. Mais je mourrai donc à 68 ans ? Si tard que cela ? Quelle horreur ! »
 
La mort s’approcha de lui, aguichante.
 
« Alors viens, ne perdons plus de temps chéri. »
 
« Prends garde, dit la vie. Tu sais ce que tu gagnes, mais tu ne sais pas ce que tu perds. Dans quelques mois, j’aurai une compagne pour toi et ma foi, tu ne t’en plaindras pas. N’est-ce-pas Athéna ? »
 
La déesse de la sagesse approuva. Une voix langoureuse se fit entendre à côté d’elle.
 
« Oh oui chéri. Cela ne va pas être triste. »
 
C’était vénus, déesse de l’amour qui venait de parler. Elle passa sa langue sur ses lèvres en un regard appuyé sur Guillaume.
 
« Je t’en prie Vénus, - dit Athéna - reprends-toi. »
 
Vénus, confuse, surprise par cet instant d’égarement, baissa les yeux, et reprit sa sérénité. Apollon et Dionysos commençaient à s’agiter, encourageant la vie. Coupant court à toute discussion, ce fut la voix de Lug, un des dieux nordiques qui s’éleva au-dessus du brouhaha, impérieuse.
 
« Vos gueules les Grecs ! Dépêche-toi de choisir mortel, qu’on en finisse. »
 
Guillaume se gratta la nuque.
 
« Ma foi, c’est difficile de choisir car je vous aime bien quand même l’une et l’autre ; alors je vais couper la poire en deux. J’ai décidé de vivre encore vingt ans. »
 
Et, se tournant vers la mort, il ajouta.
 
« Ne m’en veux pas. Je sais qu’elle n’est pas jolie cette vie, mais c’est vrai qu’elle vaut quand même la peine d’être vécue. Et toi dans vingt ans, tu seras encore plus belle, puisque je t’aurai choisie moi-même.
 
Allez, fais pas la gueule la vie. On a encore quand même vingt ans à passer ensemble. D’ailleurs c’est vrai, quand on aime on a toujours vingt ans. »
 
La vie haussa les épaules, le prit par la main et soupira.
 
« Et en plus il fait de l’esprit. Je vais finir par regretter de le faire revenir à moi. »
 
Elle entraîna Guillaume, qui, se retournant une dernière fois, vit sa mort qui boudait.
 
*          *          *
 
En ouvrant les yeux, Guillaume se rendit compte qu’il était allongé dans le fossé. Il était un peu courbatu, mais ne portait aucune égratignure. Il se releva et se dirigea vers la voiture qui l’avait renversé. Elle était encastrée dans l’arbre et son occupant était encore moins joli à voir. Au premier coup d’œil qu’il jeta sur l’automobiliste, Guillaume vit que celui-ci n’avait pas raté son jour. Il espérait quand même pour l’homme, que la mort devant laquelle il se trouvait à présent, était aussi séduisante que la sienne. C’est avec cette heureuse pensée qu’il continua son footing en sifflotant…
  * 
*       *       *       *       *

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