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  • : AMERZONE
  • : Ce blog réunit mes écrits depuis des années sur divers sujets : actualité, politique, fascisme, religion, sexe, amitié, sous forme de pamphlets, d' articles, de nouvelles et de poèmes. Il est mis à jour régulièrement. Bon voyage dans mon univers !
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14 janvier 2007 7 14 /01 /janvier /2007 22:51
 
« Les blancs commencent. Vite, en place. »
 
D’où provenait cette voix ? On aurait dit qu’elle sortait d’un haut-parleur. JORDEN ouvrit les yeux et les referma aussitôt. Ce n’était pas possible. Il les rouvrit doucement et se redressa sur son lit. Où était-il ? Il se rendit compte tout d’abord qu’il était nu. Au pied de son lit étaient accrochés un glaive, un casque et une cape noire. Il se leva. Son lit se trouvait sur une plate-forme d’une cinquantaine de mètres carrés. A sa droite et à sa gauche, des plates-formes de couleur noire côtoyaient la sienne. Sur chaque plate-forme, un homme le regardait. Ils étaient nus, casqués et armés avec le même équipement que le sien. Celui de droite le héla :
 
« Hé, le nouveau, dépêche-toi ! »
 
Il regarda autour de lui. Devant lui, sur quelques centaines de mètres carrés, s’étalaient alternativement des plates-formes blanches et noires. Sur le côté droit, il y avait deux hommes armés comme lui, et sur sa gauche, cinq autres tous identiques, qui le regardaient. Au-delà, il n’y avait que le vide, que l’espace. Il eut peur de se retourner, et quand il le fit, il trouva ce qu’il avait craint. Il ne resta tourné que quelques secondes, mais il avait vu. Derrière lui, tout au fond, il y avait une grande construction en pierre. Un peu en retrait, en diagonale, se tenait un cavalier en armure dont le cheval piaffait d’impatience. Dans son dos, un bouffon riait et gesticulait, sautillant sur place. A côté du fou, une femme très belle, à l’air grave, une couronne posée sur la tête. A gauche de la reine, cinquante mètres plus loin, un vieillard couronné au visage dur et impassible regardait dans la direction de JORDEN. A la gauche du roi, à nouveau un fou, un chevalier et une tour, chacun sur une case différente. Un échiquier. Un échiquier géant. JORDEN était le pion d’un échiquier géant.
 
« Non ! » cria-t-il.
 
Le roi interrogea : « que se passe-t-il ? »
 
« Rien sire, répondit le fou c’est un fantassin qui n’est pas prêt ! » et il partit d’un éclat de rire.
 
JORDEN s’élança vers lui, mais au bout de sa case, il se heurta à un mur invisible. Le fou agita son spectre dont les grelots retentirent aux oreilles de JORDEN, accompagnés d’un rire dément. Il fit le tour de sa case, et s’aperçut que les quatre côtés étaient fermés par un mur plus transparent qu’une vitre. Il n’en voyait même pas les recoins. Comme dans un rêve, JORDEN entendit le fantassin de droite lui expliquer qu’il devait s’habiller et s’armer, et qu’il lui était impossible de quitter la case sans la permission du joueur. Le soldat lui expliqua aussi que le fantassin qu’il remplaçait était mort dans la partie de la veille, les noirs ayant perdu la bataille.
 
Une nouvelle partie commençait. Hébété, JORDEN se prépara. En face de lui, à quelques centaines de mètres, des fantassins apparurent. Derrière eux, les mêmes personnages que derrière JORDEN, mais tous habillés de blanc. Et la partie commença. Deux voix sorties du néant s’interpellaient et lançaient des ordres. Les « pièces » avançaient lentement, inexorablement.
 
« B6… B6 » appela une voix.
 
Ayant déjà joué aux échecs, JORDEN se rendit compte qu’il s’agissait de sa case. Il était B6. « B6 en D6 ».Résigné, JORDEN avança de deux cases. Le mur invisible n’était plus là pour l’empêcher d’avancer, mais se reconstituait après son passage. La partie s’accéléra ; et après quelques coups, un cavalier blanc surgit sur la gauche, frappa le fantassin en noir qui se trouvait sur la case voisine. Le fantassin disparut dans les airs, et le cavalier s’approcha au bord de la case.
 
« Encore quelques coups et j’en aurai aussi fini avec toi. »
 
Venant de diagonale, le fou en noir surgit, prenant la place du cavalier qui disparut dans les airs. Le fou s’adressa à JORDEN.
 
« Tu as de la chance que notre maître soit un bon joueur, sinon c’en aurait été fini de toi » ricana-t-il.
 
Au loin, une tour bougea. Le fou s’élança à l’autre bout de l’échiquier et JORDEN vit la tour disparaître au loin, dans les airs.
 
« D6 en E7 »
 
JORDEN se retourna. Il lui sembla qu’on le soulevait, et il retomba dans la case de même couleur que la sienne, sur la droite, occupée par un fantassin en blanc.
 
Instinctivement, il leva son arme et frappa. Le fantassin disparut comme les autres. JORDEN regarda son glaive d’où perlait le sang de l’homme qu’il venait de frapper.
Il se reposa quelques instants quand retentit à nouveau l’ordre d’avancer.
 
« E7 en F7 »
 
Mais non. Non. Il ne voulait pas avancer. S’il avançait, il se trouvait en position d’être pris par le second cavalier qui revenait en arrière. Et il comprit. Le « maître » le sacrifiait pour faire avancer le cavalier adverse pour que ce dernier se trouve en position d’être pris par une tour noire, qui se trouvait à côté, en F8. Une force inconnue le poussa à avancer, malgré sa volonté. Dès qu’il fut dans la case, le cavalier blanc surgit, le transperçant de sa lance.
La vue de JORDEN se voila, et il se sentit soulevé de la case.
 
Quand il reprit ses esprits, il était derrière les « lignes ennemies », prisonnier. Une voix le fit se retourner. C’était celle de son compagnon de droite, au début de la partie.
 
« Si le maître perd, nous mourrons tous. Ici, seuls les prisonniers sont mis à mort. Mais s’il gagne, nous regagnons nos pénates. Décidément, ta case de départ est maudite. »
 
Il se mit à rire. Voyant le visage défait de JORDEN, il ajouta :
 
« N’aie crainte, c’est la fin, regarde ! »
 
A deux cent mètres de là en effet, le roi blanc était cerné, d’une part par un cavalier, d’autre part par un fou, tous deux de couleur noire. La reine n’était plus à ses côtés depuis le milieu de la partie. Le roi blanc paraissait vieilli et fatigué. Il s’écroula tandis qu’une voix venant du néant retentit : « Mat ! »
 
Des pions noirs, une clameur de joie s’éleva. JORDEN sourit, et se sentit transporté dans les airs. Il se retrouva sur son lit, et sombra dans l’inconscience.
 
*          *          *
 
Il se réveilla, le visage inondé de sueur. Autour de lui, les murs étaient familiers ; les tableaux à leur place, les armes avaient disparu et ses vêtements se trouvaient à leur place normale. Il se mit à rire, à rire… Il n’avait donc fait qu’un mauvais cauchemar. Il se redressa sur son lit, s’appuyant sur son bras gauche. Une vive douleur lui cisailla le côté. Il regarda son côté et ses yeux s’écarquillèrent.
Une large plaie béante lui meurtrissait le flanc. Une blessure donnée par… un coup de lance.
  * 
*       *       *       *       *

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commentaires

Freya 20/11/2007 21:19

Ah oui excellent, je viens de me régaler. Avec une fin qui donne envie de lire une suite, oui, je sais, je demande toujours plus, mais quand on aime....enfin bref.Merci de ce bon moment de détente après une dure journée.Amicalement