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  • : AMERZONE
  • : Ce blog réunit mes écrits depuis des années sur divers sujets : actualité, politique, fascisme, religion, sexe, amitié, sous forme de pamphlets, d' articles, de nouvelles et de poèmes. Il est mis à jour régulièrement. Bon voyage dans mon univers !
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20 décembre 2006 3 20 /12 /décembre /2006 04:00
 
Les poèmes suivants qui concernent surtout la Normandie,
sont tirés de mes recueils :
 
« Impressions »
« Le vieil Européen »
« Papillon rouge »
 
que vous pouvez retrouver en intégralité sur ce site.
 
 
 
Cherbourg fin de nuit ...
  
Café crème et croissants chauds;
Sade sur fond de saxo.
Dernier rempart des héros de la nuit,
un petit bar où continue la folie.
Temps suspendu de la journée,
que personne ne veut commencer.
Délires de ma soeur, retour de Doubi,
tout le monde s’éclate autour du baby.
Spleen de Karin qui veut se pieuter;
arrivée des ouvriers pour le premier café.
On s’arrache dans le matin froid qui se lève.
A six dans la tire, on aura pas la crève.
  
 
... 6 heures du mat’,
coin de table du
« café du départ ... »
 
 
 
 
-
Nostalgie Normande
   
Vigueur et force des paysages du Cotentin,
qui garde les traces de Thor et d’Odin;
figure de proue du drakkar Normand,
terre de pêcheurs et de paysans.
 
Je suis revenu sur la terre de mon enfance,
mais depuis quelques années, quelle différence.
Il m’a fallu faire violence,
pour ne pas pleurer sur cette insouciance.
 
Oh bien sûr, j’y ai vu ses habitants;
ils ont le soleil dans la tête, et le coeur dans les mains.
J’y ai retrouvé ces Normands,
francs comme la nature, et bons comme le pain.
 
Bien sûr, j’ai vu la beauté des paysages,
la verdure de la campagne;
j’ai aussi vu les chênes gorgés de sève,
et la mer se briser sur la grève.
 
Mais en allant à herquemoulin,
j’ai vu la honte au loin.
Elle a le visage d’une usine de déchets nucléaires,
qui est en train de pourrir la terre.
 
Terre celtique, mais terre meurtrie;
Hague violée et défigurée;
morceau de ma Normandie
qui ne connaît plus la paix.
 
J’ai peur de l’avenir,
de cette pieuvre qui ne cesse de grandir;
qui étend ses tentacules de béton,
comme un cancer sur la région.
 
Car un jour, sont venus les gros marchands;
ils ont acheté pour une poignée de francs
et avec de moins nobles sentiments,
la terre de Guillaume-le-Conquérant.
 
Relevez-vous Normands, et réveillez votre fierté
battez-vous pour ce que vos ancêtres vous ont laissé.
Ne vendez pas votre âme par bouts de terrain,
car n’oubliez pas que c’est de la terre que vient le pain.
 
Peu importe, si en ces lignes, dans ce que je crie,
certains y trouveront de la démagogie;
d’autres savent qu’il n’est rien de plus important
que le combat pour la terre et le sang.
 
 
 
ICI ...
  
Ici, les champs descendent en collines jusqu'à la mer; les chemins serpentent entre les haies.
A cette pointe de la Normandie, tout ici, respire la sérénité.
Il y a les pierres des petits murets qui séparent les champs de blé; l'herbe, la mer qui joue avec le ciel, il y a une âme dans cette harmonie.
Ici, dans ce coin du bout du monde, il y a Herquemoulin, ou plutôt,
" Helguemoulin " comme on appelait ce lieu il y a quelques siècles, quand mes ancêtres étaient païens; car c'est bien vrai que cet endroit est béni des dieux.
Ici, le temps semble s'être arrêté.
Quand la rosée du matin met la mer à plein, les vagues se fracassent sur les rochers, et sous la brise, frissonnent les blés.
Des grappes de nuages en coton blanc se baladent dans le ciel, tranquillement.
 
Et les paysans et les marins d'ici qui se rient du crachin qui tombe sur leurs visages rougeauds, vivent au rythme de la pluie et du beau temps qui leur apportent, des saisons, parfois la désolation, mais aussi les moissons.
 
As-tu d'jà bu une moque au t'chu du tounné ?
As-tu d'jà senti l'odeu' du fourrage en été ?
As-tu d'jà vu rire ces gens aux visages burinés ?
 
Hé ben dis-té mon gars
que si t'as jamais vu cha
et qu'en plus que si t'es d'ichin,
ben ma fé d'eu ...
tu vaux pas bi mus qu'un horsain !
 
 
 
 
Moissons en Normandie
 
 
Ouverte, une vieille barrière déglinguée
comme endormie sur le bord de la haie,
délimite l’entrée du vaste champ de blé
entouré simplement de petits murets.
 
Le monstre de fer en droite ligne avance,
avalant avec lenteur les épis de blé,
les broyant de ses mâchoires acérées,
séparant paille et grains, en une dorée semence.
 
La moissonneuse recrache avec facilité
sur le flanc de ses entrailles en acier,
le blé fraîchement moissonné ;
relâchant à l’arrière la paille dissociée.
 
Sur la plate forme étroite les hommes s'activent avec entrain,
ouvrant et refermant les vannes crachant le grain,
faisant choir à terre les sacs après les avoir liés ;
sacs grossis à l’image de nos débonnaires et bedonnants curés.
 
S’installant à l’ombre de chênes centenaires,
on s’arrête pour collationner après quelques heures ;
pour se régaler des confitures préparées par ma mère,
et boire une bolée de cidre avant de reprendre le labeur.
 
La machine progresse doucement,
laissant derrière elle un tapis de chaume rigide.
Non loin derrière, la botteleuse la suit régulièrement ;
petits points de métal dans le champ qui se vide.
 
Les enfants vont et viennent gaiement,
courant autour de la remorque, avec empressement ;
rapprochant parfois avec peine, la paille dorée,
que les adultes envoient avec dextérité.
 
Les hommes chargent les bottes d’un jaune doré ;
certains les enfourchent énergiquement, sans flancher,
d’autres avec précision, les tassent bien rangées,
afin que la pile ne verse pas plus tard, dans un fossé.
 
Fermant la procession au point du jour,
une autre remorque arrive à son tour.
Pour un dernier voyage la nouvelle venue
se gonfle aussi peu à peu de la récolte tant attendue.
 
Tous s’activent dans une sorte de jubilation païenne,
hommage des paysans à la terre nourricière qu’ils aiment ;
et malgré l’effort, ils s’épongent le visage joyeusement,
oubliant la sueur qui macule leurs vêtements.
 
Le soleil a depuis longtemps décliné,
et les phares du tracteur sont à présent allumés.
On attendra bien demain pour le déchargement ;
à la ferme, le repas est préparé qui attend.
 
 
 

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