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  • : Ce blog réunit mes écrits depuis des années sur divers sujets : actualité, politique, fascisme, religion, sexe, amitié, sous forme de pamphlets, d' articles, de nouvelles et de poèmes. Il est mis à jour régulièrement. Bon voyage dans mon univers !
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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 14:29
Ici, les champs descendent en collines jusqu'à la mer; les chemins serpentent entre les haies.
A cette pointe de la Normandie, tout ici, respire la sérénité.
Il y a les pierres des petits murets qui séparent les champs de blé; l'herbe, la mer qui joue avec le ciel, il y a une âme dans cette harmonie.
Ici, dans ce coin du bout du monde, il y a Herquemoulin, ou plutôt, "Helguemoulin" comme on appelait ce lieu il y a quelques siècles, quand mes ancêtres étaient païens; car c'est bien vrai que cet endroit est béni des dieux.
Ici, le temps semble s'être arrêté.
Quand la rosée du matin met la mer à plein, les vagues se fracassent sur les rochers, et sous la brise, frissonnent les blés.
Des grappes de nuages en coton blanc se baladent dans le ciel, tranquillement.
 
Et les paysans et les marins d'ici qui se rient du crachin qui tombe sur leurs visages rougeauds, vivent au rythme de la pluie et du beau temps qui leur apportent, des saisons, parfois la désolation, mais aussi les moissons.
 
As-tu d'jà bu une moque au t'chu du tounné ?
As-tu d'jà senti l'odeu' du fourrage en été ?
As-tu d'jà vu rire ces gens aux visages burinés ?
 
Hé ben dis-té mon gars
que si t'as jamais vu cha
et qu'en plus que si t'es d'ichin,
ben ma fé d'eu ...
tu vaux pas bi mus qu'un horsain !
 
 
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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 14:25
1997. QUELQUE PART EN BORISVIANIE ...
 
Le square était presque désert. C'était vers les cinq heures, un après-midi d'automne comme les autres, si ce n'était que cette année-là, la neige s'était mise à tomber plus tard dans la saison.
Les flocons, d'une belle couleur verte feuilletée, tombaient doucement en lanières inégales sur la petite place. Les enfants qui jouaient, essayaient de les retenir pour les collectionner, mais, dès qu'ils touchaient le sol, les flocons s'enflammaient aussitôt dans un crépitement d'étincelles laissant parterre une traînée verte.
Un vieil homme marchait lentement, les mains enfouies dans les poches de son manteau. A une cinquantaine de mètres de là, au kiosque à journaux, il vit un garçon d'une dizaine d'années s'arrêter quelques instants. Celui-ci, feuilletant un magazine, se mit soudain à courir en le serrant sur sa poitrine.
Aussitôt, le marchand sorti comme un fou, et se mit à poursuivre le gamin.
 
"Hé là toi, voyou, rends-moi çà! Au voleur!"
 
Le garçonnet se retourna tout en courant et vint buter contre le vieillard.
Celui-ci, prévoyant, le plaqua avec ses mains et chuchota au garçon affolé:
 
"Ne dits rien; n'aie pas peur et laisse moi faire".
 
L'enfant était paralysé. Déjà le marchand était près d'eux.
 
"Espèce de voyou, malhonnête!" criait-il.
 
Il leva la main, mais le vieil homme s'interposa.
  
"Mais attendez bon sang".
 
Il baissa la tête vers le petit et dit à voix haute en lui faisant un clin d'oeil:
 
"Je t'ai déjà dit cent fois de payer quand tu prends quelque chose" Et relevant la tête vers le marchand: "Excusez-le mais je lui ai dit qu'on allait acheter un magazine et il n'est pas bien au courant de la façon de l'acquérir, il est encore très jeune. Tenez et excusez-moi encore".
 
Il tendit à l'homme deux pièces d'étain et une autre de tissu. C'était bien plus que le prix de la revue, et le marchand d'automne - qui ne tenait le kiosque qu'en cette saison - n'insista pas. Il repartit néanmoins en maugréant et en jetant des regards suspicieux au vieillard et à l'enfant.
Le petit garçon tenait le magazine droit contre lui, des deux mains, et regardait le vieil homme qui reprenait sa route.
 
"Hé m'sieur, merci m'sieur ! Heu ... pourquoi vous avez fait çà m'sieur?"
 
Le vieil homme s'arrêta.
 
"Et toi, pourquoi?"
 
Le petit garçon regarda parterre, l'air bougon, et haussa les épaules. Le vieil homme soupira.
 
"Trahit sua quemque voluptas".
 
Le petit garçon le regarda, l'air ahuri, comme s'il venait d'Arcanis.
 
"Quoi, qu'est-ce que vous dites?"
 
Le vieil homme sourit.
 
"Ah, ce n'est rien, je pensais tout haut. C'est une maxime de Virgile qui dit que chacun a son penchant qui l'entraîne. Cela veut dire que chacun fait les choses qui lui plaisent; mais ce n'est pas toujours bien tu sais, comme ce que tu viens de faire, surtout sans raison."
 
Le garçon pinça les lèvres en une drôle de mimique.
 
"Comment t'appelles-tu?"
 
"Thierry... - répondit l'enfant - et toi?
 
 - Anatole.
 
 - Anatole; comme l'âne?
 
 - L'âne? Quel âne?
 
 - Celui de la bande-dessinée ... Philémon ! C'est dans Pilote !
 
 - Ah bon! Et tu lis çà toi?
 
 - Ouais c'est super. Dis Anatole, c'est qui "argile"?
 
 - Pas argile, Virgile!
 
 - Ah c'est un de tes copains?"
 
Le vieillard se mit à rire.
 
"Oh, non ! C'est un monsieur qui existait autrefois, dans l'antiquité d'un monde parallèle".
 
Ils s’arrêtèrent quelques instants pour regarder une petite vieille qui faisait du patin à roulettes sur la grande place, tout en jouant au bilboquet. Son chapeau était couvert de boulons multicolores sur lesquels des lanières de neige s’agrippaient. Elle tournait assez vite, en poussant des petits gloussements de satisfaction à chaque fois qu'elle arrivait à rentrer le morceau de bois dans un des quinze trous de la boule.
Le vieil homme se tourna vers Thierry.
 
"Mais dis-donc, tu n'es pas à l'école?
 
 - Ca va pas non? C'est les vacances!
 
 - Ah. Et tes parents ne sont pas en vacances eux?
 
 - Non, pas maintenant. Mon papa travaille à l'Energie Du Futur et ma maman, elle fait des ménages.
 
 - Et tes copains?
 
 - Bof, eux ils sont partis en vacances; en colo !
 
 - Hum! Dis, tu veux manger une glace?"
 
Les yeux de Thierry s’écarquillèrent.
 
"Oh ouais, super !!!"
 
Un poisson volant passa tout près de leurs têtes quand ils entrèrent dans le salon de thé.
 
 
 
* * * * *
 
 
 
                Ils en ressortirent une heure après. Le regard de l'enfant brillait de plaisir. Il avait littéralement dévoré une de ces nouvelles glaces composées de trois boules au goût de foin coupé, transparentes comme du cristal.
 
"Bon, hé bien je vais rentrer; - dit Anatole - tu ferais bien d'en faire autant, ta maman va s'inquiéter."
 
Thierry regardait au loin.
 
"Bof, j'ai le temps tu sais. Hé, je peux aller avec toi un bout de chemin; comme ça, je verrai où tu habites."
 
Anatole acquiesça d'un signe de la tête.
  
"J'habite pas loin tu sais."
 
Il tendait le doigt vers une petite maison nichée au fond d'une impasse.
 
"Mais qu'est-ce que tu fais comme travail ?" demanda Thierry.
 
"Oh, rien. Je suis à la retraite maintenant. Alors je lis, je me promène...
 
- Ah! Alors je pourrai venir te voir demain ?"
 
Le vieil homme lui tapota la tête.
 
"C'est d'accord. Allez à demain."
 
Il regarda partir Thierry, sourit en haussant les épaules, et rentra chez lui.
 
 
 
* * * * *
 
 
 
L'enfant revint le lendemain et plusieurs fois les jours suivants. Il s'établit entre Anatole et Thierry une complicité de plus en plus grande au fil des jours.
L'enfant venait souvent en fin d’après-midi pour faire collation. Après ils allaient faire un tour dans le parc. Ils parlaient ... l'un de Virgile, l'autre de bandes-dessinées.
 
Thierry questionna Anatole sur son passé. Le vieil homme lui raconta comment il avait travaillé dans le boulonnage des arbres métalliques de la ville. Ensuite, à l'âge de trente cinq ans, il avait pris sa retraite jeunesse pendant dix ans, ce qui permettait à ceux qui n'avaient pas de travail de pouvoir prendre la place de ceux qui s’arrêtaient pendant quelques années.
Pendant cette période, Anatole avait effectué plusieurs voyages dans le monde parallèle et en avait rapporté quantité de livres et de souvenirs avant que le passage ne se referme; cela, depuis la dernière guerre qui avait ravagé en grande partie l'autre monde.
 
Plus personne depuis ces années n'avait eu la possibilité d'y retourner, car le gouvernement de Borisvianie en avait fait condamner l’accès.
Ensuite, pendant sa deuxième période de travail, le vieil homme avait écrit des articles dans la revue nationale en tant que scribain public et il avait pris sa retraite définitive depuis trois ans.
 
Un jour, Thierry lui demanda:
 
"Dis, toi, t'en as pas d'amis ?"
 
"Oh tu sais, ils sont morts maintenant. Et puis des amis, on en a pas comme çà. Tu as lu le petit prince ?"
 
"Attends, - lui dit Anatole - regarde!"
 
Il alla à sa bibliothèque et revint un petit livre à la main.
 
"C'est un livre que j'ai eu il y a quelques années dans cet autre monde dont je t'ai parlé. C'est l'histoire d'un petit garçon à qui il arrive plein d'aventures, et un jour il rencontre un renard qui lui dit ... qui lui dit ... ah voilà le passage : écoutes ..."
 
" S'il te plaît ... apprivoises-moi.
 
 - Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n'ai pas beaucoup de temps. J'ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.
 
 - On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez des marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoises-moi ! "
 
"Tu vois, l'amitié, c'est un peu comme Virgile a écrit de l'amour: Omnia Vincit amor. Cela veut dire que l'amour triomphe toujours."
 
"C'est pour ça que tu m'as aidé la première fois ? C'est parceque t'aime tout le monde ?"
 
"Oh non! Tu sais, on ne peut pas aimer tout le monde. Tiens, je te le prête" lui dit-il en lui tendant le livre.
 
 
 
* * * * *
 
 
Dans leurs promenades, il leur arrivait souvent d'aller au parc voir le montreur d'hologrammes. Il était toujours accompagné d'un bulleur qui n'avait qu'à souffler entre ses doigts savonneux. les bulles ainsi matérialisées, l’olographe imprimait des images à l'intérieur, par la pensée.
Ce jour-là, l’olographe ne vint pas. A sa place, il y avait un orgue de barbarie qui égrenait un air de musique moderne. Le jeune homme qui tournait la manivelle avec régularité semblait perdu dans ses pensées; il ne semblait pas voir sa compagne qui courrait dans tous les sens, ramassant çà et là les pièces d'étain que les gens leur jetaient.
Anatole et Thierry les regardèrent un instant, et reprirent leur chemin en direction de la maison.
La journée touchait à sa fin.
 
A quelques mètres de la petite impasse, ils entendirent un bruit derrière eux. Ils se retournèrent et virent deux hommes d'une trentaine d'années surgir d'une rue transversale en courant. Il était trop tard pour esquisser un geste; déjà les deux hommes étaient sur eux. Ils commencèrent à frapper Anatole tout en lui ordonnant de leur donner son portefeuille. Sous les coups, le vieillard tomba à terre; Thierry, en criant pour attirer l'attention, s'était accroché au bras d'un des deux hommes et essayait de le frapper pour que celui-ci lâche Anatole. L'homme se retourna et envoya rouler Thierry plus loin, avec violence. A présent, Anatole gisait à terre, et un des hommes lui fouillait les poches. Une fois l'argent pris, ils repartirent en courant; l'agression n'avait pas duré plus d'une minute, et personne dans le voisinage ne s'était manifesté.
 
Thierry aida Anatole à se relever et le conduisit à la maison en le soutenant. Le vieil homme se tenait le ventre en grimaçant.
 
Une fois chez lui, il ne voulu pas téléphoner au docteur. Il rassura Thierry en lui disant qu'il allait se reposer, que cela ne serait rien. Deux coups furent frappés à la porte qui s'ouvrit presque aussitôt. Une femme d'une quarantaine d'années se tenait sur le seuil. C'était la concierge de l'immeuble d'à côté qui avait entendu un bruit de lutte, et vu Anatole rentrer, soutenu par l'enfant. Elle dit à celui-ci de repartir chez lui, qu'elle allait appeler un docteur. Anatole reposait sur son lit; il avait l'air plus calme. Il dit aurevoir à Thierry, et ce dernier lui promit de revenir le lendemain, à la première heure.
 
 
 
 * * * * *
 
 
Quand Thierry arriva chez Anatole, vers huit heures du matin, les employés de l'Energie Du Futur commençaient leur tournée d'extinction des compteurs lunaires.
 
Arrivé à l'entrée de l'impasse, l'enfant s’arrêta net. Au fond de celle-ci un fourgon vert et bleu avec le symbole de l'éternité peint dessus, redémarrait de chez Anatole. Thierry en avait vu souvent de ces camionnettes et il savait à quoi elles servaient. A l'entrée de la petite maison, la concierge se tapotait les yeux avec un mouchoir. Prés d'elle, un homme habillé de noir, l'air docte, lui tendait un papier à signer. Le fourgon passa prés de Thierry qui le suivit des yeux.
 
Il aurait voulu crier, retenir le fourgon qui maintenant prenait de la vitesse et disparaissait au loin. L'enfant fit quelques pas dans la direction où le véhicule avait disparu. Il essuya les larmes qui coulaient sur ses joues. A présent, il restait là, les yeux dans le vague; il revoyait la silhouette d'Anatole s'avancer comme dans un brouillard. Il restait figé, se remémorant leur première rencontre...
 
Le vieil homme était parti comme il était venu, sans bruit; mais il y avait quelque chose de changé chez le petit Thierry. Il se dirigea vers le square, avec désormais la nostalgie de cette amitié accrochée au coeur, comme un petit morceau de soleil qui ne s'éteint jamais quand l'autre est parti.
 
  
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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 14:17
Il faisait bon dans la chaumière perdue en pleine campagne.
Le milieu du printemps était encore très rigoureux, mais le feu dans l'âtre apportait à la pièce une franche et bonne chaleur.
Le vieil homme se leva du divan où il s'était assoupi et alluma ce qu'on appelait autrefois la télévision. Son visage s'attrista en voyant déferler sur la plaque murale, les images de la guerre, les images de son monde qui s'écroulait. Le coeur serré, il éteignit. Les autres n'étaient plus loin; il n'avait plus besoin des moyens d'information nationaux.
Depuis le matin, en effet, il avait entendu les combats au loin.
 
Maintenant, il attendait ...
 
Il jeta un regard au dehors, sur le jardin où reposait sa femme depuis quelques mois. La croix celtique en pierre sous laquelle elle était ensevelie laissait passer à travers ses branches les derniers rayons du soleil. Il retourna au divan. Parmi quelques livres qui étaient posés sur le guéridon, il en prit deux. Le premier, "LES LARMES DE L'ETE", avait été écrit par Ariane, la femme d'un de ses amis. Le deuxième, bien plus ancien, avait été édité cinquante années auparavant. Sur la couverture jaunie par le temps, le visage d'un homme encore jeune avait presque disparu, mais on lisait encore en lettres blanches sur fond noir, le nom de l'écrivain : " Jean Mabire "; et en dessous, le titre en noir se détachait sur un fond rouge : "DRIEU PARMI NOUS". Il l'ouvrit à la page numérotée 170, et il lut :
 
" Il n'y a rien de plus fort que ce qui lie les hommes entre-eux au milieu du monde, au milieu des autres hommes. L'amour de ma patrie n'a rien à faire avec la dilection que j'ai pour ses paysages. Mais il est fait du goût de l'amour même et de la bonne chaleur que je sens au milieu de certains. Pour pouvoir faire des plaisanteries obscènes, parler des femmes, de la guerre que nous avons faite, je suivrais ces hommes dans un autre astre ".
 
Ses yeux bleus se portèrent sur la page suivante :
 
"... Nous retrouvons " cette soudaine puissance qui jaillit d'un cercle d'hommes". Drieu nous le dit : " Pour faire une amitié il faut désirer ensemble quelque chose qui nous dépasse". Mais quelle..."
 
Sa lecture fut interrompue. La porte s'ouvrit avec fracas.
 
Il n'avait pas entendu les Jeeps arriver.
Mais dès qu'il vit le grand noir en uniforme américain qui se tenait devant lui, le M16 au bout des bras et le sergent russe qui se tenait dans l'embrasure de la porte, il comprit...
Les russes et les américains avaient fait la jonction deux jours auparavant à une centaine de kilomètres de là. La guerre qui avait commencé un mois plutôt n'avait pas été déclarée, et la surprise avait été totale.
 
Les deux soldats ricanèrent.
 
Devant les yeux clairs du vieux, défilèrent les images des vingt dernières années. Depuis 1998, date à laquelle l'Europe était devenue réalité politique, militaire et économique, une époque de paix et de prospérité avait régné sur le vieux continent aux traditions séculaires enfin renouvelées, en pleine osmose avec sa technologie.
 
Le noir leva son arme.
 
Qu'elle était grande cette Europe, à l'image d'une belle femme ! Fière et provocante, épanouie et pleine de vigueur, moderne, elle se dressait entre les deux blocs matérialistes; l'un capitaliste, l'autre à nouveau communiste, tous deux décadents.
Ces deux grands charognards ne pouvaient plus supporter cette Europe libre; cela, le vieil homme l'avait vu pendant de belles et longues années.
 
Le sergent russe aboya un ordre. L'américain épaula.
 
La vie continuait de danser devant les yeux du vieil homme. Les soirées autour des feux de camp, les solstices, les rires des femmes, les jeux des enfants, la famille, l'amitié, l'amour, les combats; tout cela, il le revivait en quelques secondes. Toutes ces années de bonheur et d'allégresse...
  
L'américain pressa la détente.
 
Une douleur cisailla le vieil homme à la poitrine. Ses yeux se remplirent de lumière. Un filet de sang rouge coula de ses lèvres. Son vieux monde disparu.
  
Ils brûlèrent la maisonnette et rasèrent la campagne environnante.
 
Le vent emporta la fumée vers la forêt norroise.
 
 
* * *
 
L'avancée des charognards fut stoppée quelques jours plus tard sur tous les fronts, grâce à un sursaut populaire qui, la première surprise passée, fit refluer l'ennemi bien au-delà des frontières.
L'Europe avait encore de belles et longues années à vivre.
  
 
 
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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 14:10
ARCANIS 3097. Page blanche...
 
Dire qu'il y a deux mille ans sur cette planète, les habitants avaient de l'air à profusion quand elle s'appelait encore la terre.    Enfin.
 
Page blanche ... manque d'idées !
 
Je me nomme GORLE et je suis scribain public; c'est une sorte de condensé de ceux qu'autrefois on appelait journalistes, écrivains et historiens. Je me replonge dans cette époque en ... ah oui! 1988 ... j'ai visionné plusieurs fois de la documentation de cette année-là à l'antiquivothèque il y a deux semaines. Mais maintenant j'ai épuisé mon crédit. Il ne me reste plus que dix mille kersans pour ma réserve d'air et mes pilules de nourriture.
 
Page blanche ...
 
Qu'est-ce que je vais pouvoir raconter ?
Cette  appellation de scribain public a le don de sauver les apparences car il n'y a plus rien à raconter au peuple d'ARCANIS puisqu'il ne s'y passe plus rien. D'ailleurs, les seuls faits-divers que je pourrais mettre en forme me viennent du comité; et depuis un mois je n'en reçois plus. Heureusement que j'ai un fixe pour me payer l'air. Je sors. Il faut que je retourne à l'antiquivothèque.
 
 
* * *
 
 
En fait, j'y retourne plus pour passer un bon moment en me replongeant dans le passé, que pour y trouver l'inspiration ... mais qui sait ?
Au point où j'en suis; si je n'ai pas quelque nouvelle à présenter au comité avant quelques jours, je n'aurai plus assez de kersans pour me payer de l'air.
 
Il est dix-huit bacrons quand j'arrive devant l'antiquivothèque. L'entrée du bâtiment en verre peint me parait toujours aussi laide. Une fois la porte franchie, je me dirige vers le sas de contrôle. N'importe qui ne peut s'introduire dans le bâtiment. Son accès n'est réservé qu'à une petite minorité de personnes de la cité : dirigeants, ingénieurs, scribains publics; en tout, environ trois mille personnes sur les dix millions d'habitants de la ville. Je suis en somme une sorte de privilégié; privilège qui me vient en fait de l'utilité de mon travail pour la "société".
 
Je pose ma main sur l'emplacement prévu de la console de contrôle pour payer l'entrée. Deux mille kersans pour une heure. Tant pis pour la nourriture. Je sens la chaleur du rayon qui balaye ma paume pour me retirer le crédit imprimé dans la main. Le sas se referme et je m'avance vers la plaque d'identification.
   
Une voix métallique venue d'un haut-parleur, crache :
 
" Identification ! "
 
" GORLE. Agent 2012. Citoyen A.Y. 37126. "
 
Le haut-parleur me répond en écho :
 
" GORLE. Scribain public. Accès autorisé. "
 
Je m'avance vers le tube élévateur. Une fois sous le globe, je commande: " Niveau 228. " Je me sens aspiré aussitôt et quelques secondes après, la plate-forme du niveau 228 se matérialise sous mes pieds. Je m'avance dans le corridor vert fluorescent qui débouche sur une salle immense, et je me dirige vers un caisson de lecture.
 
Une fois à l'intérieur, après avoir choisi la date de l'époque à visionner, je mets le casque et je ferme les yeux. Les images commencent à défiler dans ma tête ... 1988 : quelles drôles d'architectures; très laides et primitives pour la plupart, mais beaucoup sont différentes de hauteurs et de formes.
C'est comme les habitants; aucun n'a le même visage. Maintenant sur 
ARCANIS, il n'y a que dix sortes de " modèles " et quand on s'élève dans la hiérarchie, on en change suivant le travail et la responsabilité de chacun dans la société.
 
C'est quand même incroyable cette multitude de visages qu'il y avait il y a deux mille ans. C'était la diversité des gens, des ethnies et des races qui poussait à la connaissance et à la compréhension des uns et des autres; ce qui amenait à l'échange d'idées et à la création. Mais c'est pourtant à cette époque que l'on commençait à parler " d'intégration " pour certaines races sous prétexte d'antiracisme.
Étranges phénomènes. Il était paradoxal de voir certaines personnes qui disaient aimer et respecter les races, de vouloir à tout prix les voir se mélanger et se fondre en une seule, comme dans un moule; pour pouvoir mieux les contrôler, comme un certain HITLER, quelques années auparavant ?
 
Jusqu'à cette époque, la vie et la création qui existaient alors dans des domaines comme le cinéma, la musique, le sport, la littérature, le domaine scientifique, était presque à son apogée mais portait déjà en elle les germes de son déclin. Mais cela, personne ne le savait encore.
 Ensuite, vers 2063, vint ce que l'on appela l'uniformisation. Plus que d'être tous frères, ils fallait maintenant qu'ils deviennent égaux.
Les gouvernements mirent les scientifiques à contribution et, par manipulations génétiques, ils parvinrent en une dizaine d'années à avoir une palette de visages identiques d'une dizaine de sortes. Ce n'est que vers 2091 que commença le processus dit de normalisation. Il portait sur la couleur que tout le monde devrait avoir; il fut décrété que ce serait le vert.
Ce qu'il fait que maintenant sur ARCANIS, il y a huit milliards d'habitants répartis en 7000 villes, tous verts, avec seulement dix types de visages différents.
Moi-même, j'appartiens à la classe 4 dans l'échelle sociale.
 
Parallèlement, il n'y a plus de créations, plus de sports, plus de héros; bref, tout ce qui différenciait les humains les uns des autres. Et, évidement, plus d'amis ni d'ennemis, car nous sommes devenus tous pareils.
La population d'ARCANIS ressemble à certains films de cette époque où il y avait ce que nos ancêtres les terriens appelaient des ... robots.
 
Les images des années 80 continuent de défiler dans ma tête. Il s'en passait des choses en cette époque : guerres, fêtes, amours, créations ...         Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir écrire ? Sur ce sujet qu'est devenue la terre, nous n'avons plus l'espoir d'un futur. Nous autres, scribains publics ne pouvons pas nous servir du passé pour en parler, car certains de nos dirigeants y voient des éléments réactionnaires et individualistes qui seraient de mauvais exemples pour la masse. Il ne faut plus faire penser le peuple, il faut le faire écouter.
C'est la loi depuis des siècles.
 
J'arrache le casque de ma tête. La transpiration coule le long de mon dos.
 
 
* * *
 
 
Déjà, je suis au dehors de l'antiquivothèque. Le froid me fouette le visage; je prends une profonde inspiration. A ce rythme, je vais vider mes bouteilles en un temps record. Je m'assieds sur un banc dans le jardin communautaire. L'herbe est d'un rouge magnifique et les fleurs métalliques et boulonneuses peintes en jaune fluo, rivalisent de beauté avec les arbres aux tuyaux entremêlés.
Un couple de classe 7 passe devant moi en tenant un petit garçon par la main. Il n'a pas encore cinq ans, car il porte une bulle en verre sur la tête. Plus tard, quand il sera grand, il pourra apprendre à respirer avec le masque. Plus tard ! Plus tard ... quel avenir ? Il faut que j'arrête de chercher une nouvelle basée sur ce sujet. Il y a bien longtemps que le thème a été épuisé.
 
Je me lève et traverse le jardin en direction du bloc dortoir numéro 312 aux dimensions imposantes; près d'un kilomètre carrés sur cinq cent mètres de haut.
La journée est déjà bien avancée car les deux soleils commencent à décliner. Je ne sais plus lequel des deux est apparu au dernier millénaire, mais cela n'empêche pas le froid d'être toujours aussi vif.
 
Une fois entré dans le sas de mon appartement et après l'avoir rempli d'air, j'enlève mon masque à oxygène.
 
Je me retrouve devant la page blanche de ma scribochine. Je mets celle-ci en marche ; ma décision est prise. A voix haute, je me mets à raconter tout ce que j'ai vu sur les années quatre-vingt. Au fur et à mesure du récit, la scribochine enregistre mes paroles et les imprime sur la page. Deux heures durant, les siècles et les millénaires passés, défilent sur la machine. La page se déroule en un long serpent agité de soubresauts au fil de l'impression.
 
Une fois mon récit terminé, je me sens vide. Je reste prostré, fixant les dix-sept mètres de papier crachés par la scribochine qui jonchent le sol. Que vais-je en faire ? Machinalement, je roule la feuille et la cache dans un coin du caisson-lit. Je verrai plus tard comment l'exploiter.
Pour l'instant, il me faut travailler. Mais écrire quoi ? Comme le gouvernement ne me donne plus d'informations à publier, il va falloir spéculer sur l'existence d'autres mondes, des mondes extra-arcaniens peuplés de méchants individualistes qui seraient prêts à nous envahir, et à mettre notre civilisation en danger.
Oui, en voilà une bonne idée ! c'est cela que je vais ...
 
"............. Citoyen .......... A.Y.37126. ....... Rendez-vous .. immédiatement ..... au .... centre .... administratif .............. N° 72....."
 
Dans le haut parleur, la voix a claqué comme un ordre. Je mets mon masque à oxygène et je m'apprête à sortir. Dans le sas, quelques hommes de classe 3 m'attendent. Ils m'annoncent qu'ils ont ordre de m'accompagner au centre. Quelques-uns d'entre-eux restent à mon appartement.
 
 
* * *
 
 
" Mon cher GORLE ! Permettez-moi de vous appeler GORLE, agent 2012. " Le petit homme joue les affables, me parle avec condescendance; cela ne lui va pas.
  
" Mais asseyez-vous, asseyez-vous. Cela fait un moment déjà que nous n'avions pas eu besoin de vos services. Vous vous en étiez rendu compte, n'est-ce pas ? C'est que, depuis quelques temps, vous avez fait beaucoup de visites à l'antiquivothèque; les membres de recherches et d'intervention de classe 3 nous l'ont signalé. Il est vrai que vous y avez accès pour vos travaux, mais il semble que ces temps-ci, vous faites une obsession sur les années dites du deuxième millénaire. "
 
Il marche de long en large, les mains derrière le dos, l'air suffisant. Je me tais, préférant attendre de savoir où il veut en venir. Les hommes de classe 3 qui étaient restés chez moi viennent de revenir et tendent au petit homme le rouleau que j'avais caché avant leur arrivée. Celui-ci revient vers moi et pose le rouleau sur son bureau.
 
" Savez-vous mon cher GORLE ce qui c'est passé au début du siècle, en 3007 ? " Je réponds machinalement : " Non. Vous le savez bien, les archives des 500 dernières années sont classées top-secret et personne n'y a accès ; à part ceux de la classe 1. "
 
Il secoue la tête, et se tourne vers moi en riant.
 
" En effet mon cher GORLE. Ceux de la classe 1, et quelques ... privilégiés de la classe 2, dont je fais partie. Voyez-vous, au début de ce siècle, quelques-uns de nos savants ont réalisé des implants de contrôle de pensées sur des cerveaux humains.
Et depuis, à chaque naissance, un implant est apposé à chaque nouveau né ... cela fait trente-six ans que vous en portez un. Oh bien sûr, nous ne pouvons pas encore contrôler tout le monde en permanence, mais les intervenants de la classe 3 sont là pour nous signaler les comportements anormaux ... comme vos visites trop fréquentes ces derniers temps à l'antiquivothèque. Alors nous nous sommes branchés sur vous; et ce que nous avons lu dans vos pensées aujourd'hui ... Oh mon cher GORLE ... va nous obliger à nous séparer de vous, citoyen A.Y.37126."
 
Il a sifflé la dernière phrase entre ses dents; ses yeux deviennent porcins. J'essaye de me lever, mais déjà, les intervenants m'immobilisent sur le siège. L'un d'eux me fait face, et m'arrache mon masque à oxygène.
 
Je commence à suffoquer, ma vue se trouble. Un voile noir se forme devant mes yeux, et, comme dans un rêve, j'entends le petit homme crier :
" Le peuple ne doit pas penser, il doit écouter; il doit écouter ... écouter ...   écou ... "
 
 
 
  
 
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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 13:59
Il émergea des décombres avec difficulté. L'immeuble effondré ressemblait maintenant à un grotesque tas de béton, de pierres et d’enchevêtrement de ferrailles tordues.
Tout autour, la cité offrait le même visage de désolation, mis à part çà et là, quelques constructions encore debout. Il regarda autour de lui, avec tristesse et désespoir. Il tomba à genoux sur le sol que recouvrait une étrange poussière bleuâtre. Le vent était tombé, faisant place à un silence oppressant.
La salle des archives bien sur; c'est cela qui l'avait sauvé. L'immeuble qu'il venait de quitter, où plutôt ce qu'il en restait, était le siège d'une grosse compagnie d'import-export où il travaillait. Au moment de la déflagration, il se tenait dans la salle des archives qui était blindée et avait résisté aux secousses. Il avait attendu plusieurs heures avant d'en sortir. Ce qui s'avéra le plus difficile, fut de s'extirper de l'immeuble en ruines, en se frayant un passage entre les gravas.
 
Maintenant, il était là, au milieu de la désolation d'un paysage tourmenté. Il se releva et se dirigea vers un bâtiment à-demi effondré qu'il avait reconnu.
 C'était l'immeuble qui abritait une station de radio. En pénétrant à l'intérieur, il remarqua que les salles des studios étaient encore en état. Il alla s'asseoir à la table d'animation, derrière le micro, effleura le velours rouge de la table, et entendit un grésillement provenant d'un poste émetteur qui était à sa portée. Le générateur de la cité était encore en activité. Il tendit la main, tournant les boutons, cherchant différentes stations, mais ne rencontrant à chaque fois que le vide et des grésillements.
 
 
* * *
 
Cela faisait maintenant quatre mois qu'il vivait sans avoir réussi à rentrer en contact avec un être humain. Il avait parcouru la ville déserte et les environs, jusque dans la campagne. Tout était aussi vide et désolé à des kilomètres à la ronde. Il s'était installé dans la salle des archives où les boites de conserves, les cassettes vidéo et les vêtements, avaient remplacé les dossiers, et les fiches d'une population à présent fantôme.
 
Il avait à sa disposition nombre de bouteilles de gaz pour la cuisine, le chauffage, des piles et des batteries de secours en quantité suffisante, pour, le jour où le générateur tomberait en panne, continuer de s'éclairer, de visionner des films, d'écouter de la musique.
Il laissait à tout hasard plusieurs postes de radio ouverts sur différentes fréquences, dont celle de la station où il avait laissé les micros ouverts, et où il se rendait parfois pour essayer de capter quelque chose, plus loin ... désespérément.
 
 
* * *
 
 
Trois longs mois avaient encore passé. Il ne pouvait plus supporter cette solitude. Il lui fallait partir, essayer d'aller le plus loin possible, trouver d'autres survivants comme lui. Il ne pouvait ne pas y en avoir. Le projet avait mûri dans son esprit depuis quelques semaines, et avait commencé à prendre forme. Il avait à sa disposition des cartes, des provisions, une Jeep qu'il avait remise en état, et de l'essence. Il comptait encore deux semaines avant de partir; c'était décidé; deux semaines pour terminer les préparatifs du départ, et il s'en irait.
 
D'abord, il ne fit pas attention au bruit qui sortait d'un de ses postes; le bruit d'une porte qui se refermait. Quand il entendit une chaise que l'on traînait par terre, il sursauta. Il se rua sur le poste d'où provenaient les bruits, et regarda la fréquence. C'était celle de la station d'à coté. Il y avait de la vie pas loin, il en était sur. "Je m'appelle Alice BARNON - entendit-il - depuis de longs mois, depuis l'explosion de la bombe, j'ai parcouru..." Une femme! Une femme émettait à quelques centaines de mètres de là. Enfin il n'était plus seul.
 
Déjà il avait plaqué le poste contre lui, et partait en courant vers la bâtisse.
Il continuait à entendre par fragments, la voix qui émettait entre deux grésillements: "... a semé partout le chaos, la destr... la ... "Il lâcha le poste, continuant à courir à perdre haleine, vers la bâtisse qui grossissait à mesure qu'il avançait ...
 
Après tant de mois, enfin il allait se trouver en face d'un être humain, quelqu'un avec qui vivre, tout reconstruire, quelqu'un avec qui rechercher plus loin, d'autres vies.
Il butait contre les pierres, se coupant aux morceaux de tôles qui hérissaient la terre. Il ne sentait pas la douleur. Il était ivre de joie. Il riait et pleurait à la fois.
 
Quand il arriva au bâtiment, il s’arrêta pour reprendre son souffle, s'appuyant contre la porte dépourvue de vitres. Il repartit de plus belle, traversa les salles délabrées, courant vers le studio.Quand il y arriva, il s’arrêta devant les vitres, l'air horrifié.
Derrière le verre, une jeune femme se tenait assise à la table d'animation, un revolver appuyé sur la tempe. Elle le vit une fraction de seconde trop tard. Ses yeux s’écarquillèrent comme elle pressait le doigt sur la détente.
La dernière image qu'elle emporta dans la mort, fut celle de cet inconnu à travers la vitre. Il la vit s'effondrer sur la table. Devant elle, un magnétophone était en train de tourner.
Il poussa la porte vitrée.
Une odeur de poudre âcre lui monta au nez. Il entendait de la musique; un disque qui arrivait en butée. C'était " The end " des DOORS.
Il resta atterré, un long moment immobile, ne sachant que faire. Son monde futur, bâti en quelques minutes, s'était effondré comme un château de cartes.
 
Il arrêta l'enregistrement, et appuya sur la touche retour. Il voulait savoir pourquoi. Il retrouva les bruits. Il entendit la porte, le bruit de la chaise, et la voix de la jeune femme retentit à nouveau.
 
"Je m'appelle Alice BARNON. Depuis de longs mois, depuis l'explosion de la bombe, j'ai parcouru en hélicoptère une grande partie du globe terrestre. J'ai constaté que la dernière guerre technologique a semé partout le chaos, la destruction et la mort. Dans tous les points du globe, j'ai constaté la même désolation. Au fil de mon périple, depuis ces derniers mois, je suis arrivée à la conclusion qu'il n'existe sur terre, plus aucune vie humaine. Mon appareil étant endommagé depuis quelques jours, j'ai marché jusqu'ici; ce studio sera ma dernière étape. Je ne peux plus supporter cette solitude. C'est ici que ce termine le voyage."
 
L'homme entendit encore quelques bruits, le disque des DOORS qu'elle mettait sur la platine, puis, vers la fin du morceau, la détonation du revolver retentit à nouveau à ses oreilles comme un cri. Il entendit son entrée dans la pièce, puis plus rien.
 
Il ramassa l'arme, et porta le canon chaud à sa tempe.
 
 
 
 
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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 13:52
* * *
  
Je ne vis pas en fonction des lois ou des règles,
je vis en fonction de ma conscience.
  
* * *  
Il y a des jours avec, et des jours sang.
  
* * * 
Depuis des siècles, les humains s'aiment et se battent entre-eux pour les mêmes raisons: l'argent, l'honneur, l'eau, le feu, la terre, le pouvoir, etc...
Mais en regard de l'animal, l'être humain n'a pas évolué.
Il ne s'arrête plus pour regarder une fleur, pour écouter ses semblables, pour parler d'amour.
 
L'homme s'est simplement adapté - physiquement - à la nature;
il ne vit plus... avec elle !
* * *
Petit à petit, les hommes deviennent plus petits.
 
* * *
 
( Histoire préférée ... à méditer ! )
 
Un fou passe la tête par-dessus le mur d’un asile,
et demande à un passant :
« Vous êtes nombreux là-dedans ? »
  
* * *  
On dit que l’on choisi ses amis,
mais pas sa famille ...
 
C’est peut-être pour cela que,
de l’administration dont je fais partie,
on dit que c’est une grande famille.
  
* * *
 
Les armes et les femmes :
il n’y a rien au monde de plus beau
et de plus dangereux à la fois.
  
* * *
 
Les amis et les relations qui jalonnent notre vie, que l'on perd ou que l'on découvre à travers celle-ci, sont autant de morceaux de soi comme des parties du corps, du coeur et de l'esprit qui se détachent et se régénèrent au fil du temps, jours après jours.
Mais il y a certains vides qu'on ne peut combler, et qui laissent derrière soi un goût âcre de tristesse teintée d'amertume.
  
* * * 
La vie est un combat. C'est à cette condition, et sous quelque forme que revêt ce combat, qu'elle mérite d'être vécue, et qu'elle se doit d'être vécue.
Qu'il se fasse dans la fureur des batailles ou dans le calme de la réflexion, le combat pour soi-même et pour autrui élève l'homme, le faisant se surpasser dans un idéal parfois, souvent, inaccessible.
 
* * *
Tu me dégoûtes France, vieille baudruche qui se gonfle et se dégonfle au gré des problèmes, des lâchetés, des envies, et des intérêts particuliers.
Tu es malade France! Malade de tes régions que tu ne veux plus reconnaître, malade de l'Europe qui te fait peur, malade de lâcheté devant une Amérique à qui tu lèches les bottes, malade de tes "colonisations" ratées, malade de tes politicards auto-amnistiés, malade de tes hémophiles abandonnés, malade de tes chômeurs, malade de tes résidents qui font la queue devant les restaus du coeur et que tu ne peux même pas prendre en charge toi-même.
 
J'espère que tu crèveras vite France, pour que tes régions puissent se régénérer dans une Europe qui ne sera pas celle de Maastricht, mais une Europe socialement responsable, et dont la grandeur devra passer par le respect et la dignité de ses citoyens.
A ce moment là, tu pourras donner l'exemple, avec le recul et l'humilité qui ne te caractérise pas pour l'instant.
 
* * *
 
L'homme a tué la fleur et l'oiseau
en oubliant l'animal qui se cachait sous sa peau;
troquant au pied d'une croix sa fierté,
préférant la prière et l'argent, au blé.
J'aimerais pouvoir m'arrêter quelques heures et pleurer,
en pleine nature, sur ce monde dit civilisé,
où les hommes ont confondu le mot évolution,
avec ce qui n'était qu'une sorte d'adaptation.
 
Ah MONTHERLANT, quand viendra-t-elle cette guerre civile,
que nous appelons à pleins poumons
par le beau nom de révolution?...
 
* * *
 
Quatre hommes étaient assis, en train de parler. Ils étaient gras et adipeux. Sur leur banc, on aurait dit quatre poulets de grain à la devanture d'une boucherie.   Inertes.
 
Quand je vois mes contemporains, je pleure les combats de mes aïeux; aux temps où ceux-ci avaient un idéal, aux temps où ma race savait gouverner, se battre, et créer.
 
* * *
Le génie est dans l'homme, pas dans les masses.
On doit faire des ponctions sur les masses. On doit en retirer une sève créatrice, une élite, qui est le détonateur de toute volonté, de toute création.
Ensuite, vient la race.
Ne dit-on pas que celle-ci prime sur la masse ?
C'est des races que nous devons être fiers ... et cela, de quelques couleurs qu'elles soient !
 
* * *
 
Les révolutions sont des tornades qui enlèvent tout sur leur passage, remuant la boue, arrachant bonnes et mauvaises herbes.
Une fois passées, elles font place au calme de l'hébétement, de l'incertitude, mais aussi de l'espoir.
  
* * *
  
Tout homme n'est digne de ce nom que
quand il n'a plus rien à se prouver à lui-même.
 
* * * 
La mer et la campagne se fondent au rythme du vent; et avec la magie de la nuit, l' âme des barbares sort de la forêt dont les arbres deviendront papier au fil des siècles; papier dont se serviront écrivains et historiens pour conter leurs exploits téméraires.
 
* * *
Le regard que porte l'écrivain
sur les gens, sur des rêves,
c'est comme des photographies
que l'on ne pourrait prendre.
 
* * *

On ne se suicide pas dans la drogue ou dans l'alcool; on s'y perd.

Ce n'est pas une issue, c'est une échappatoire, une lâcheté devant la vie.

* * *
La vraie liberté, c'est le dépassement de soi.
 
* * *
 
Choisir sa mort,
c'est choisir une voie de son destin;
l'ultime voie.
Choisir sa mort,
c'est réussir une partie de sa vie.
  
* * *
 
Quand on s'habitue à ce mélange
de beauté et de merde qu'est la vie,
on a pas trop à s'inquiéter de la mort.
 
* * *
 
J'aimerais pouvoir aimer,
avant de mourir,
le monde entier ...
et te voir sourire.
* * *
 
 
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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 13:27
« Cinéma, cinémas »
« L’organisation des loisirs sportifs ou intellectuels, c’est la joie de vivre rendue aux travailleurs » : dixit Jean ZAY, ministre de l’éducation nationale en 1936.
 
Quelle joie de vivre ? On vide les cités pour remplir les plages. Où courez-vous donc camarades ? Finies les grèves à S.K.F. ? Finis les conflits chez Renault ? Finies les manifestations aux chantiers ? Oui, fini tout cela pour ... deux mois. La lutte est programmée en fonction des vacances. Le front populaire a créé en 36 la soupape de sécurité du régime capitaliste. Plus tard, si les événements de 68 avaient commencé en septembre au lieu de mai, ils auraient pu durer plusieurs mois. Mais c’était sans compter sans les sacro-saintes vacances, qui bannissent l’idéal et le combat au profit des délices de Capoue.
Les capitalistes, notamment aux chantiers, peuvent dire merci aux « camarades ». Ceux-ci leur ont donné le temps de souffler et de licencier, dans le calme et l’indifférence des vacances. Passons ...
 
Les vacances sont maintenant « Triganorganisées ». Aucune démarche personnelle si ce n’est que d’aller chercher son billet pour un « camp » de vacances où tout est organisé, dirigé, planifié par des « cadres ».On ne vit pas ses vacances, on les subit.
 
Paradoxes étonnants. On se fait prendre en charge volontairement l’été par un système à structures capitalistes, structures que l’on rejette l’hiver. On passe la mauvaise saison à se battre au son de l’Internationale en buvant du gros rouge, et on se prélasse l’été en écoutant Michaël JACKSON en sirotant son Coca-Cola. Quelles manipulations ! On tombe dans la facilité matérialiste; on en veut pour son argent; foin de simplicité, on donne dans le spectacle même si celui-ci est inconsciemment contraignant. Poudre aux yeux que ces quelques jours vendus à des masses anesthésiées qui vont, peu après, retrouver leur vie insipide qu’elles se plaisent souvent à résumer par « Métro-Boulot-Loto-Dodo », uniquement par ce qu’elles ne trouvent pas de saveur dans le quotidien et ne savent plus : voir - sentir - penser - agir en êtres libres, partagées qu’elles sont, entre le tiercé et un week-end à visiter les grands magasins . Ô tristesse !
Tous ces conditionnements ont fait que les Français, pour la plupart, et ce, depuis quelques années, ont perdu leur esprit d’équipe et leur personnalité. Ils réagissent en tant que masse.
 
Le goût de l’effort et de l’initiative a été perdu. « 1984 », le roman de Georges ORWELL, était en cela prodigieux. Cette annihilation de l’individu, sa dépersonnalisation dans la masse était pour le moins prophétique. L’état est là pour prendre en charge l’individu, le protéger, l’aider. Cela en a fait un assisté. L’avènement du socialisme en France a été le dénouement d’une situation latente, une concrétisation de cet esprit de masse.
Cependant, depuis deux ou trois ans, on note un certain changement dans la société française ( 1 ). Certaines valeurs, certaines traditions font un retour assez net dans l’esprit de la jeunesse, notamment dans le cinéma avec les mythes ancestraux comme « Excalibur », « Conan », « Ladyhawck » ou par ailleurs cette apologie de l’individu et de l’esprit d’équipe dans le magnifique « Mishima » de Paul Schrader, mais aussi cette dénonciation du collectivisme et de l’égalitarisme dans « 1984 » porté à l’écran par Michaël RADFORD.
L’éthique et l’esthétisme font un retour en force dans le 7 ème art qui reste aujourd’hui le plus prisé des arts populaires. Peut-être faut-il voir en cela, les prémices d’un besoin de vivre, de créer et d’entreprendre pour la jeunesse d’aujourd’hui par réaction à la négation d’engagement de leurs aînés ? Nous ne pouvons que l’espérer.
  
( 1 ) Je dis bien société et non pas peuple français ; car celui-ci a un passé, un présent et un avenir : un destin. Les sociétés, elles, sont condamnées à disparaître car celles-ci sont « contractuelles », et ne sont déterminées que par le présent.
 
 
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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 13:21
1989 sera-t-elle l'année de tous les fanatismes?
 
Au moyen-âge, on brûlait les livres et les soi-disant hérétiques au nom de l'amour de Dieu.
A la révolution, on massacrait des prêtres au nom de la liberté.
Sous HITLER, on brûlait les livres et on déportait au nom de la race.
 
Autres temps, autres moeurs?
Mais non. Voici que cette année, c'est reparti sur les chapeaux de roues.
 
D'un coté, des cinémas qui brûlent pour avoir passé un film soi-disant provocateur -( tiens, quand j'étais petit, le curé me disait pourtant que sur terre, Jésus s'était fait homme )- et de l'autre, -( décidément le feu doit vraiment avoir des valeurs purificatrices )- on brûle le livre de Salman RUSHDIE ... c'est la course à la bêtise. Aujourd'hui encore les fanatiques religieux lancent de anathèmes à tout va envers ceux qui ne croient pas en leur dieu, comme des petits fonctionnaires zélés voulant faire plaisir à leurs supérieurs. Nouvelles inquisitions.
Au nom de quel dieu dit "d'amour" se permet-on de tels excès?
S'il est vrai que celui-ci a fait l'homme à son image, il n'y a pas de quoi être pressé de le rencontrer.
Les religions monothéistes ne sont toujours venues à bout des religions polythéistes ( pourtant bien plus avancées: Celtes, Incas ... ) que par la violence et la destruction.
Les religions monothéistes ont inculqué aux hommes la honte du corps ou la peur de la mort. Parfois les deux. Deux choses qui sont naturelles dans les religions polythéistes.
Si l'homme n'a plus de fierté, et ne croit plus en son destin, alors il ne peut pas respecter ses semblables. Il n'est plus qu'un animal aux abois. Depuis quelques siècles, les hommes se courbent devant un dieu avec soumission, au lieu de vivre avec, de l'avoir en soi.
Si les hommes étaient en parfaite harmonie avec eux-mêmes, ils pourraient l'être aussi avec le surnaturel. Mais en règle générale, ce n'est pas le cas. L' être humain a perdu de son mysticisme ...
Alors, au lieu d'imposer "la civilisation et le progrès" et de donner des leçons aux  peuples soi-disant sous-développés (comme actuellement les indiens d'Amazonie auprès desquels nous ferions mieux de prendre des exemples sur le plan de la justice et du social), les peuples dits civilisés feraient mieux de balayer devant leurs portes et leurs terrains de football; car là-aussi, on a vu que les débordements de fanatisme, d'intolérance et de bêtise étaient nombreux.
 
C'est devant de tels états de faits, de haine et d'intolérance que je crois que de manière générale, l'homme en a oublié d'être lui-même.
 
 
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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 13:15
Les otages du LIBAN, le feuilleton de l'été depuis quelques années, n'est qu'une série sémitique qui a remplacé "DALLAS", attirant l'attention des téléspectateurs avides de suspense et de sensations fortes.
 
Mais il suffit que l'on pende un otage, pour que celui-ci retombe en oubli quelques jours après. Arrêt de jeu ? Que neni, très chère ! Des vrais-faux otages, c'est comme les vrais-faux époux Turenge, comme les vrais-faux passeports: quand on en a plus, on en fabrique: exemple le couple Valente-Houtekins ... et encore !... à savoir ... et quand on a plus de touristes et de journalistes sous la main, on va enlever des militaires où des diplomates. Evidemment, c'est plus dur, mais ça rapporte plus gros. Plus intéressant çà, les diplomates; ça fait plus sérieux. Et quand au bout de quelques années il y en a un par-ci par-là de relâché contre quelques emmerdeurs de terroristes, que l'on a en trop dans nos prisons (pour qu'ils recommencent, mais ailleurs), contre des contrats économiques ou des livraisons d'armes - merde, il faut bien que nos impôts servent à quelque chose non ? - hé bien ce-jour-là, un autre est enlevé par un autre groupe (Chi'ite, Sunnite, etc... au choix), et c'est reparti pour deux ans. Hé alors, ils ont raison ! Pourquoi ils se gêneraient, hein ? Tant que les démo-crassies resteront sur la ligne de touche à agiter les bras en brassant de l'air, les autres continueront à s'amuser sur le terrain ... qui d'ailleurs est le leur.
 
Les états ont trop tendance à confondre des mots comme fermeté, humanisme et grandeur d' âme, et à faire du moralisme : " Parceque, exécuter un otage nous on ne le ferait pas, alors ceux d'en face ne vont pas le faire. Ce serait pas moral. hein ? ! Ah, ils l'ont fait ? Ha bon... Heu, bon. Alors qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Ah ouais, on va protester officiellement à l'ONU par exemple..." histoire de se donner bonne conscience envers les médias.
Ma parole, mais quand j'entends çà, je crois rêver. C'est du Coluche. C'est à mourir de rire. Vous me pardonnerez ce lapsus volontaire. Mais qu'est-ce qu'ils croient nos gouvernements "dits" humanistes ? Que ceux d'en face ont la même morale qu'eux ? Quelle prétention ! Une prétention qui nous coûte cher en vies humaines.
 
Les gouvernements Européens et Occidentaux sont en train de perdre la guerre des otages car c'est bien d'une guerre qu'il s'agit. A ma connaissance, il n'y a que les russes qui ont résolu le problème des otages. Il y a quelques années, quand trois de leurs ressortissants ont été enlevés par des terroristes, ils ont fait de même. Quelques jours après, les responsables pro-khomeynistes enlevés par leurs soins, découpés en rondelles, ont été livrés à leur domicile dans six paniers en osier. Message reçu. Quelques heures plus tard, les otages soviétiques étaient rendus à la liberté. Sans commentaires.
La "démocratie" était absente comme d'habitude du dialogue.
 
Peu ragoûtant je l'admets, mais au moins depuis ces événements, aucun des ressortissants des pays de l'Est, du plus petit au plus grand, n'ont jamais plus eu ce genre d'ennuis. Ils ont peut-être préféré racheter les droits de "DALLAS" pour s'occuper l'esprit. C'est peut-être pas plus sain, mais c'est moins dramatique.
 
Allons parlons sérieusement.
Que nos gouvernements " dits " ( oui, je le remets entre guillemets ) civilisés ne nous parlent pas d'humanisme quand je leur parle loi du talion.
Quand l'Ayatollah Khomeyni avait officiellement lancé un contrat sur la tête de Rushdie, la seule différence qu'il y avait entre le gouvernement Iranien et le gouvernement Français, c'est que le premier avait au moins le mérite de la franchise et de la clarté. Car sur certaines affaires ou assassinats politiques, la France n'est pas en reste; mais c'est fait de façon plus hypocrite. Il y a bien longtemps que la fameuse "raison d'état" a balayé les états d' âmes de nos gouvernements. Pour ne citer que quelques exemples proches de nous, l'emprisonnement du journaliste Roger Delpey (qui avait divulgué l'affaire des diamants), ou l'affaire du "Raimbow Warrior". Et encore plus proche car il s'agit de la région, l'assassinat d' Emeric Simon-Lorriére ( pardon, on a conclu à un suicide: 3 balles de 11,43 dans le corps ), ou celui de Daniel Perrin à la seyne-sur-mer ( encore OFFICIELLEMENT non élucidé mais dont les commanditaires - secret de polichinelle - sont les mêmes dans les deux cas ).
 Que l'on ne se leurre pas. Pour régler la situation des otages, si notre gouvernement veut un jour les régler, il faudra faire comme les soviétiques.
Il faut se battre contre l'ennemi avec les mêmes armes que lui. Mais avant d'en arriver là, nous aurions peut-être du essayer de connaître et de comprendre les autres peuples et les autres races au lieu de les mépriser en les croyant ... aussi bêtes que nous.
 
La morale judéo-chrétienne des pays occidentaux a fait que ceux-ci ne respectent plus les autres races, les autres religions. En plus de ne pas les respecter, il faudrait que ceux-ci répondent à la " morale " occidentale, comme s'ils n'avaient pas la leur propre ? Le respect, on doit l'imposer aux autres, avec la force s'il le faut, comme eux; mais avant tout, avant d'en arriver là, en essayant d'abord de les comprendre sans se prendre pour le nombril du monde, et en les respectant nous-mêmes. En attendant ce jour, nos démo-crassies n'ont présentement que la terreur qu'elles méritent.
 
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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 13:09
Honte à toi, garce de république ! Regarde tes fils se déchirer en ton nom sous la vieille couverture mitée des droits de l'homme dont tu te sers de manteau depuis deux cents ans. Tu me faits vomir avec ta cohorte de politiciens véreux, ces charognards du peuple.
Regarde-les, tes fils socialo-libéraux se crêper le chignon à cause d'un voile.
Regarde-les se ... dévoiler ; zieutes-moi ces visages de faux-derches; ils veulent se permettre d'interdire le port du voile maintenant ?
 
Hé, rêvez pas, assurez !
Vous les avez déjà oubliés vos droits de l'homme ?
Rappelez-vous :
 
DECLARATION DU 26 AOUT 1789.
       Article 4 :
 
" La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ... "
 
       Article 10 :
 
" Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses ... "
 
DECLARATION UNIVERSELLE DU 10 DECEMBRE 1948.
       Article 18 :
 
" Toute personne a le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites."
 
       Article 26 :
 
1°) " Toute personne a droit à l'éducation ... "
  
3°) " Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants."
 
Hein, çà vous dit rien ? Hé mais c'est pas tout !
Attendez. Je vais vous remettre le nez dans votre caca.
Allez c'est reparti :
 
CONSTITUTION DU 27 OCTOBRE 1946.
 
" La nation assure à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement."
 
" Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de travailler à le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence."
 
Allez dire çà aux mères de famille qui sont obligées de travailler, aux victimes d'accidents de toutes sortes, à tous ceux qui font la queue aux restaus du coeur.    On continue ?
 
Article 23 DU 10 DECEMBRE 1948 :
 
1°) " Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage "
 
Ah oui? Il vont être contents de l'apprendre, ces 2,5 millions de chômeurs dans un pays qui ne fait pas d'efforts en matière de créations d'emploi ( sous quelque gouvernement que ce soi ), et qui, par fins de droits, T.U.C., S.I.V.P., et autres façades, font baisser artificiellement le nombre des demandeurs d'emploi.
 
Enfin, dans ce même article 23:
 
3°) " Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante ... "

Ca va aussi faire plaisir aux travailleurs de chez PEUGEOT, dont le P.D.G. Mr CALVET gagne en un mois de quoi faire vivre deux familles pendant toute une année.
 
Ben alors Marianne ? Fais pas la gueule. Cette déclaration des droits de l'homme que tu trimballes depuis 200 ans et que tu as imposée à des peuples qui n'avaient pas la même culture que toi, va falloir l'assumer ... 
Ah ! tu viens de t'apercevoir que ce n'est qu'une fumisterie, une vieille dépouille, un vulgaire cadavre que tu traînais derrière toi et qui n'a servi qu'à nourrir les pseudo-démocrates jusqu'à là ? Ils s'en sont repus, et l'indigestion à commencé avec " l'affaire du tchador. "
 
Alors quoi ? On accepte les autres peuples et il faudrait qu'ils laissent leurs cultures et leurs traditions au vestiaire ? Pourquoi ? Du moment qu'ils ne nous les imposent pas; enfin, pas encore !
 
Hé oui Marianne, tes fils ont joué à l'apprenti-sorcier et maintenant ils se disputent la baguette magique des droits de l'homme. Ils veulent le " beur ", l'argent du beurre mais pas sa saveur; il a le goût de leur défaite.
 
Capitalistes exploiteurs et communistes profiteurs, copains-coquins d'hier et de demain, vous en aviez besoin des immigrés non ? Alors ne venez pas vous plaindre, ne venez pas cracher dans la soupe par politiciens interposés.
Quand au peuple, il devrait vous laisser vous démerder avec; ce peuple que vous avez abandonné au profit de matérialismes économico-dialectiques. Seulement il n'ose pas se révolter ce peuple tant vous lui avez mis de barrières parlementaires entre lui et vous. Il n'en a pas encore conscience, il n'a pas encore assez morflé.   Mais patience ...
 
Pour l'instant, on ne peut que constater que ces bâtards de la démo-crassie que sont les politiciens, à force de profiter des droits qu'ils se sont octroyés, en ont oublié qu'avant tout, l'homme envers l'homme devrait aussi avoir ... des DEVOIRS.
  
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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 13:00
Il est là, au garde-à-vous. Encore un que le gouvernement a trouvé.
Un des derniers soldats de " la der des der "; du moins le croyait-on alors. Soixante-douze ans après, çà fait un bail non ? Soixante-douze ans à attendre pour reconnaître les mérites d'un Jean DURAND ou d'un Ernest DUPOND. Depuis 72 ans, on ressort les anciens combattants des placards de l'histoire on les dépoussière, on les aligne bien gentiment, et on leur donne une médaille.
Aujourd'hui, 11 novembre 1990, on vient de décerner une médaille à Monsieur X qui a attendu 72 ans pour que l'on se souvienne qu'il était ancien combattant. Ancien, cela se savait : il a maintenant 90 ans. Mais combattant, il ne s'en souvient lui-même peut-être plus. D'ailleurs il était peut-être dans un bureau à l'époque, loin des combats. Qu'importe, il était dans l'armée. Pour le public, les médias, il est encore là.
 
Alors, avant de mourir, comme beaucoup déjà, on l'a récupéré, réquisitionné‚ en quelque sorte, et il attend là, sous la pluie, que les politicards aient fait leur pub sur son dos.
Bientôt, les anciens combattants, on va pouvoir les compter sur les doigts. Il faudra les mettre sous globe.
 
Quoique, s'ils n'en ont pas démérité, ils n'étaient quand même pas les seuls. Car nous avons quand même eu besoin des alliés à l'époque : Américains, anglais, etc... alors on pourra puiser dans leurs réserves de vieux quand le jour viendra où nous en serons à court. Et quand il n'y en aura plus à décorer ? Hé bien ce jour-là on fêtera les anciens combattants de 39-45. Ah, plus dur ce jour-là ! Parce que des combattants, il n'y en eu pas beaucoup. Et on ne peut quand même pas les blâmer de s’être fait envahir en cinq semaines quand on sait que les balles qu'ils avaient ne correspondaient même pas au calibre de leurs fusils.
 
Et à part les vrais résistants de la première heure, entre les collabos, les ministres communistes du gouvernement de Vichy, les pétainistes, les vrais gaullistes, les faux résistants, les profiteurs du marché noir, on ne s'y reconnaît même plus à notre époque, alors pensez-donc, dans 37 ans ...
Tenez, prenez un exemple : un type de 18 ans à l'époque et mettez-le 72 ans après dans la situation de notre ancien combattant du début de cet article. On ne saura pas ce qu'il a fait pendant cette foutue guerre, quel a été son rôle ni ses motivations pour être debout, là, sur cette place de l'arc de triomphe qui aura été redessinée par Jean-Paul GOUDE depuis l'an 2000; car faites le compte, 1945 plus 72 ans, nous serons alors en 2017. Et le petit vieux de 90 ans qui sera présent pour être décoré de l'ordre de la planète Pluton, verra de son oeil ému de héros du jour, défiler devant lui des fantassins sur patins à roulettes motorisés portant à la ceinture leur pistolet réglementaire à rayon laser, suivis des convois d'engins spatiaux interplanétaires.
 
Vous voyez le tableau ? Sans déconner ! ...
 
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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 12:54
Ca y est ! Elle est là; la sale guerre comme disent les médias ... Ah, il y a des guerres propres?
Alors, comme on avait annoncé 200 morts par heure, j'étais devant mon poste de télévision le mercredi 16 janvier à 7 heures, soit une heure après l'ultimatum pour voir les 200 premiers en direct ... tout frais ... las ! rien du tout. Cela a commencé‚ le lendemain, par deux vagues d'avions américains qui ont attaqué‚ ... de nuit. Ensuite les français ... de jour. Pas cons les ricains.
 
 Hein, mais qu'est-ce que vous croyez ? Au vietnam, ils mettaient les noirs au front, en première ligne. Aujourd'hui, ils ont trouvé‚ les français pour faire le sale boulot. Après tout, ils ont raison; si on se bat pour leurs intérêts c'est pour qu'ils en profitent plus tard non?
Ah! Parceque vous en doutiez encore? Attendez, on va faire un peu d'histoire:
 
Le KOWEIT, ancienne province Irakienne, sous "protectorat" (conquise) britannique en 1914, est indépendant depuis 1962. Enfin ... sous la coupe de la compagnie ARAMCO, compagnie américaine qui vendit du pétrole aux allemands pendant la deuxième guerre mondiale, et qui a laissé - officiellement - certaines de ses parts en 1988 aux émirs. Il faut bien voir que les américains ont besoin de la guerre dans le golfe pour deux raisons: leurs intérêts là-bas sur le plan financier et stratégique, mais aussi pour polariser sur une guerre extérieure, l'attention de leurs concitoyens, cela pour leur faire oublier le terrible marasme où est plongé leur pays depuis une dizaine d'années. L'Amérique a bâti sa démo-crassie en massacrant des milliers d'indiens, et je l'ai rarement vue se battre pour la justice et le droit. Quoi ? La guerre de sécession, une guerre contre l'esclavagisme ?
Vous rigolez ! ... C'est le nord qui vendait, grâce à son ouverture maritime, des esclaves au sud; et quand les nordistes ont vu que le sud devenait plus puissant qu'eux sur le plan économique, ils ont pris ce pseudo-prétexte humanitaire pour cacher leur jalousie envers les sudistes.
 
Ils nous ont délivrés en 1944 ? Et puis quoi ! Pour nos beaux yeux peut-être ? Ils étaient neutres en 1939, et il aura fallu attendre Pearl Harbor, LEURS intérêts attaqués, pour qu'ils entrent en guerre. Plus tard, exit du Vietnam. Rideau.
 
Certains prétendaient que si Saddam HUSSEIN gardait le KOWEIT, il augmenterait le pétrole. Ce n'est pas prouvé. Mais si tel avait été le cas, nous aurions eu d'autres moyens de pression par ailleurs. Car il a un pays entier à faire vivre, et à ce titre il aurait quand même eu besoin de médicaments, de technologie, etc... Nous sommes bien placés pour le savoir nous qui avons commercé avec lui pendant des années ... Hein messieurs nos dirigeants, pourquoi vous toussez ? Tandis que les émirs n'avaient pas besoin de faire vivre qui que ce soit à part eux, et l'ont démontré en prenant nos dirigeants aux c....... en 1973, et se sont amusés avec, amenant la fameuse crise du pétrole. (C'est peut-être pour cela que nos dirigeants n'en ont plus ... je ne parle pas du pétrole). En tout cas, ce n'est pas Saddam HUSSEIN qui irait craquer 600 millions à une table de casino au cours d'une soirée. Il aurait mieux - ou pire - à faire avec ... Mais là, cela aurait dépendu de nous; à condition que nous ayons une politique plus nette en ce qui concerne nos alliances avec le moyen-orient, car on ne peut pas faire plaisir à tout le monde dans la vie... Mais allez démontrer çà à nos démo-craks plus soucieux d'envoyer nos ressortissants jouer aux petits soldats dans le golfe que de résoudre ne serait-ce que le problème de la Corse ou de donner à nos étudiants les moyens de poursuivre correctement leurs études.
 
Et madame VEIL, sur TF1 le dimanche 20 janvier, qui prêche hypocritement pour que le problème Palestinien soit réglé, qu'il faut donner aux palestiniens un territoire, qu'il vaut mieux un «petit Israël» en paix, etc ... Ah quel dégoût elle a pu m'inspirer ce jour-là. Après avoir pendant des années craché sur ce peuple, elle - et d'autres - se mettent à lui trouver une légitimité. Il est vrai que maintenant les bombes pleuvent sur Israël.
Si Saddam HUSSEIN aura réussi une seule chose, ce sera même si c'est par la peur, sinon à leur faire prendre conscience, au moins à officialiser aux yeux du monde le drame palestinien.
 
Le problème pour l'IRAK et le monde arabe, c'est que Saddam HUSSEIN a plus le visage de STALINE ou d'HITLER après 1939, que de NASSER. Hélas ! Pour l'unité du monde arabe, j'ai bien peur qu'il ne faille repasser les plats une autre fois.
D'ailleurs nous avons le même problème en Europe, et ici non plus nous ne sommes pas encore sortis de l'auberge, à savoir nous débarrasser à la fois des russes et des américains. Et ce n'est pas la pseudo-europe économique de 1992 ni des politicards comme LE PEN qui passent leur temps à jouer les acrobates, en se raccrochant à toutes les branches qu'il arrive à atteindre, qui vont arranger les choses.
 
Pour en revenir à cette saloperie de guerre, les alliés ont quand même, oui, peut-être mais je ne parierais pas dessus, une petite chance de la gagner. Mais ce sera alors une victoire à la PYRRHUS. Ils récolteront des puits de pétrole en flammes, une catastrophe écologique pour des lustres, un pays ravagé, des milliers de morts et un peuple humilié. Gageons qu'au moins si Saddam HUSSEIN perd, il aura au moins le courage de mourir les armes à la main et non pas de se barrer en abandonnant son peuple comme l'a fait le général AOUN au LIBAN. Dans le même registre mais à moindre niveau quand même, CHEVENEMENT n'est pas mal non plus.
 
Personnellement, et ne me sentant pas Français, donc de ce point de vue pas concerné, je n'irai pas dans le golfe s'il fallait faire cette guerre. Mais si j'avais un jour à prendre les armes, ce serait pour me battre pour mes idées, et non pas pour réparer les conneries d'un gouvernement dont j'aurais dénoncé la politique suicidaire en tant de paix.
 
J'aurais aimé que l'opinion internationale s'émeuve avec autant de zèle lors de l'intervention américaine à la GRENADE et s’inquiète de ce qui se passe dans les pays de l'Est. Et surtout, surtout j'aimerais savoir pourquoi les américains et l'ONU n'ont pas joué plus tôt les gros bras avec Saddam HUSSEIN quand celui-ci a gazé des centaines de kurdes. Il est vrai que ces derniers ne leur rapportaient rien.
On entend plutôt, vis-à-vis des Irakiens dans l'actualité, des phrases du genre: " On va leur botter le cul, on va les casser, etc..."
Des déclarations qui rappellent celles des franchouillards lors de la dernière guerre quand ils venaient de déclarer la guerre à l'ALLEMAGNE. Cinq semaines après, ils en prenaient plein la tête pour quatre ans. Quelle tristesse ! On a pas encore compris la leçon. On a toujours tendance à surestimer où, et c'est le cas le plus souvent, à sous-estimer l'adversaire et là, on s'en mord les doigts et il est parfois trop tard. Ce nouveau conflit n'échappe apparemment pas à la règle hélas.
 
Avant le conflit, 53% des Français étaient contre la guerre. A présent, comme si le fait de l'engagement les mettait au pied du mur, 70% sont pour ... mais qu'ils y aillent ! Il n'y a qu'à les armer et les envoyer là-bas. 70% ? Hé bien ça fait dans les 39 millions.
Même en retirant ceux qui ne sont pas en âge, ça en fera quand même pas mal des Dupond la joie en moins.
 
Par contre, si je ne me sens pas Français, je me sens jusqu'au bout des ongles régionaliste et Européen. Et j'estime que si les Français étaient adultes, le combat qu'ils devraient mener serait plutôt pour le devenir de leurs régions et de leur propre continent.
Et au lieu du golfe, leur regard devrait plutôt se poser sur la LITUANIE et l'ESTONIE. Car l'avenir proche de l'EUROPE ne se situe pas dans le golfe -c'est la survie des américains qui s'y joue - mais bien dans la menace que l'armée rouge fait peser sur ces pays baltes.
  
Si je pouvais retirer une fleur de tout ce fumier international, ce serait cette déclaration d'un soldat français qui était interviewé; il disait qu'ayant appris à piloter à certains soldats Irakiens, il connaissait ces hommes et il les respectait en tant qu'hommes et en tant que combattants.
C'est un des seuls - de ceux que j'ai entendu - à qui je tire mon chapeau, car il est là, sans états d' âme car il fait son métier, mais en ayant pleinement conscience de la valeur de l'adversaire, et en ne le méprisant pas.
C'est ça, le respect de l’être humain.
  
 
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